Ip Man : La Légende du grand maître par Mickaël Barbato

bon film d'arts martiaux d'un Wilson Yip qui s'était perdu après son très beau Bullet over summer (une première moitié polar, puis le héros trouve refuge chez une vieille femme, dans un quartier délabré de HK).
Malheureusement j'ai tout de même un avis plus nuancé que les avis précédents.
La première partie, qui se passe avant l'invasion jap, est terriblement lisse. Le but est d'installer le personnage, très proche du Wong Fei Hung de Jet Li sans l'humour, mais tout est terriblement vide, ça manque d'énergie, ça ne raconte rien au final. Ça ne sent pas le cinéma, juste la démonstration, ça n'engage rien. Pourtant, on effleure des sujets, comme l'arme à feu face aux poings, mais ça ne reste qu'un prétexte. Quarante minutes pauvres, pas spécialement belles en plus (aïe aïe aïe la photo). Et les combats font peurs, pas à cause des chorés, qui sont parmi les plus belles inventés par l'increvable Sammo Hung, mais des choix artistiques. Je ne suis pas convaincu qu'il fallait absolument des câbles pour ce film. Ça ne s'accorde pas bien avec la rage de Donnie Yen, ça nous adresse un clin d'oeil étrange. On perd en impact quand on gagne un chouïa en spectaculaire.
La deuxième partie, après l'invasion du Japon, confirme ces problèmes mais impressionne sur ses combats tout en gagnant en violence. Ça reste inintéressant, une succession de "maître gnagna veut défier maître Yip Man", mais quelques fights sont les plus impressionnants vu sur un écran depuis bien longtemps. On passe de l'approche défensive de la première partie à une offensive à rester baba. La sequence des dix karatékas fait mal, mais est aussi un bon exemple d'un autre problème : l'ancéphalogramme plat. On ne ressent jamais un danger autour de Ip Man. Dans ces conditions, on n'est jamais impliqué comme dans la grosse période Shaw Brothers, on est juste devant une représentation fun alors qu'elle devrait être dantesque.
Au final, c'est pas de la merde mais presque. L'aspect biopic est un ratage complet, la division en deux parties ne rime absolument à rien, ne se justifie pas, ne s'emboîte pas. On est très, mais très très très très loin des films comme Le justicier de Shanghaï, les Chu Yan, Drunken Master 2 etc etc niveau implication des spectateurs. Mais c'est sympa pour découvrir toute cette culture.
Bavaria
5
Écrit par

Le 14 septembre 2011

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2 commentaires

Ip Man : La Légende du grand maître
Sergent_Pepper
7

Art partial

Dans le genre des films d’arts martiaux, Ip Man occupe la place sérieuse. La figure du Kung Fu est ainsi présentée comme l’archétype du maitre à ce point concerné par sa discipline qu’il refuse d’en...

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Taurusel
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C'est un ami qui m'a fait découvrir IP Man. Mais sachez tout de même qu'il a vraiment dû insister des semaines durant afin de me convaincre. Le titre ne m'inspirait absolument pas, je pensais qu'il...

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