J’ai été voir Iron Lung pour une seule raison : son accroche. “Un sous-marin en expédition dans une mer de sang”.
Moi qui adore l’hémoglobine, il ne m’en fallait pas plus.
J’y allais pas sans crainte: film à petit budget adaptant un jeu vidéo et réalisé par un youtubeur… ça pouvait être catastrophique. Effectivement, le manque de moyens se voit. Mais franchement, réussir à créer un truc aussi solide avec si peu c’est impressionnant.
Iron Lung, je dirais que c’est une histoire de SF qui glisse vers un délire d’horreur cosmique et mystique un peu lovecraftien. Et je dois avouer que c’est le genre de truc que je trouve fascinant.
Le huis clos fonctionne bien : quasiment un seul personnage, presque tout repose sur le son et les dialogues, c’est très immersif et claustro. Le sous-marin paraît tout aussi dangereux que la mer de sang qui l’entoure. On étouffe et on sombre dans la folie avec le personnage principal. On ne comprend pas tout, mais lui non plus, donc ça marche assez bien et ça ne paraît pas trop incohérent.
Le sous-marin étant plongé dans le noir, le personnage doit constamment prendre des photos pour voir son environnement, et aussi scanner l’opaque mer de sang qui l’entoure. La lumière arrive par flashs. On scrute les clichés en même temps que lui, et parfois, on comprend avant lui qu’il est dans la merde. C’est vrai que ça casse pas trois pattes à un canard, mais c’est efficace.
Certaines idées visuelles sont également étonnamment réussies pour un film de cette envergure (je pense par exemple aux apparitions mystiques de la mystérieuse entité, et des modifications corporelles que provoque le contact avec le sang).
J’ai une petite frustration, mais c’est juste une appréciation personnelle: comme l’histoire se passe exclusivement dans le sous-marin, la mer de sang tant espérée est logiquement peu visible à l’écran et mes besoins en gore sont restés relativement insatisfaits…Et puis, battre le record de litres de faux sang utilisé au cinéma pour en montrer si peu, c’est quand même un peu dommage.
La longueur aussi est un vrai problème. Il y a facilement 30 minutes en trop, et ça tourne vraiment en rond à certains moments. Paradoxalement, je trouve que ça renforce parfois une certaine sensation d’errance. Je peux percevoir le personnage principal comme un joueur paumé qui galère à avancer dans sa partie et m’identifier à cette situation, mais est-ce que c’était nécessaire de faire aussi long pour comprendre ça ?
Malgré tout, je n’ai jamais vraiment ressenti d’ennui devant le film, et un final jubilatoire vient rattraper le reste. Un final chaotique, hallucinatoire, sanguin. C’est ça que j’étais venue voir.
Au final, c’est un film très imparfait, trop long, un peu frustrant, mais sincère et intriguant. Il m’a captivé malgré ses défauts. Impossible de le détester.