hriller psychologique tendu et frontal, Irréprochable accroche rapidement son spectateur par la personnalité même de son héroïne, trouble et inquiétante. Constance est une jeune femme manifestement instable et manipulatrice, naviguant entre mythomanie et nymphomanie. Oui, ça fait beaucoup écrit comme ça, mais Sébastien Marnier, pour sa première réalisation, parvient à ne jamais sombrer dans la caricature, s’astreignant à maintenir la crédibilité de ce personnage à la fois pathétique et menaçant. Il peut s’appuyer sur ce qui est sans nul doute la performance la plus aboutie de Marina Foïs, parfaite dans ses nuances. L’actrice embrasse littéralement le rôle et lui apporte une dangerosité insoupçonnable ainsi qu’une puissance physique (le personnage est accro au sport) qui rajoutent au malaise grandissant. La caméra au plus près de son actrice, le jeune réalisateur fait preuve d’une belle maturité dans sa mise en scène, jouant habilement du hors champs et des ellipses pour lancer des fausses pistes et faire monter une tension de plus en plus anxiogène. Elle est soutenue par une bande-son formidable et entêtante d’autant plus notable qu’elle se remarque surtout les rares fois où on ne l’entend plus.
Si l’histoire d’Irréprochable en tant que telle n’est pas furieusement originale, son traitement hors de toute outrance est réussi (ce qui est moins commun), et désigne Sébastien Marnier comme un talent à suivre à l’avenir. Et Marino Foïs comme une candidate évidente aux prochains César.