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le 7 août 2026
SuivreEssence & Existence
Quatre jeune sur une route qui ne se termine jamais et probablement le budget essence le plus avantageux de toute l'histoire du cinéma. It Ends part d'une idée terrifiante dans sa simplicité, et...
Avertissement : ce n'est pas du tout un film d'horreur, comme le synopsis trompeur (ou erroné ?) le laisse croire. En gros, c'est un croisement entre "In Fear" et "Gerry". La première partie, qui ressemble beaucoup à "In Fear", est la plus réussie. Quatre personnes en voiture se perdent sur une petite route dans une forêt et n'arrivent plus à en sortir. De plus, à chaque arrêt, des hordes humaines hurlantes (pas des zombies) prennent d'assaut leur voiture, ce qui les oblige à rester à l'intérieur. Très anxiogène et très réussie, toute cette partie paniquée en huis clos et dans l'obscurité. La route sans fin, le paysage monotone qui défile, la foule hurlante qui surgit régulièrement de la forêt, l'absence de toute construction humaine, le soleil permanent, font planer une atmosphère fantastique très sympa.
Passé l'affolement, les quatre jeunes analysent la situation, s'organisent et s'adaptent peu à peu. Le surgissement mécanique de la foule leur permet d'explorer les abords de la route pendant 90 secondes à chaque arrêt. Ils se rendent compte qu'ils n'ont plus aucun besoin élémentaire (nourriture, boisson, sommeil, sexe) et que leur voiture n'a plus besoin d'essence. Ils commencent à se poser des questions existentielles : sont-ils morts, en enfer, au purgatoire ? Qu'ont-ils fait de mal pour mériter ça ? Des petits changements à l'extérieur surviennent tandis que les kilomètres défilent. Ils rencontrent des voitures abandonnées affichant des millions de kilomètres au compteur, les assauts de la foule s'espacent, jusqu'à disparaître. Entretemps, un membre du groupe va quitter la voiture définitivement, las de rouler éternellement, puis deux autres, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un au volant.
On sent que le film évolue vers autre chose. On passe progressivement d'un survival fantastique à un survival métaphysique et philosophique à la Gerry. J'ai aussi beaucoup pensé à "La Corde" (la mini-série et le roman). Et là, on commence à se prendre la tête : que représente cette route ? Et ces foules qui appellent à l'aide ?
Servent-elles à montrer l'égoïsme des quatre passagers qui vivent sans problème en ignorant la souffrance des autres ?
Et que signifie la fin,
quand James, le dernier conducteur, arrivé au bout de la route, fait demi-tour et semble vouloir faire le chemin en sens inverse ? C'était le plus froid et le moins émotionnel des quatre, celui qui, contrairement aux autres, refusait de se défouler en hurlant régulièrement. Avant de repartir, on le voit hurler pour la première fois, manger la barre de céréales qu'il avait interdite à tout le monde et l'apprécier. Pour la première fois, il lâche prise et prend le temps de vivre. Repart-il à la recherche de ses potes ? Veut-il recommencer le voyage AVEC les autres cette fois ?
Que cherche à nous dire le film ? Que la vie, sans émotions, sans joies ni souffrances, ne vaut pas la peine d'être vécue ? Que ce n'est pas la destination qui compte (on la connaît) mais le voyage et le partage avec les autres ? Que sans les tracas de la vie, on ne vit pas vraiment et on s'emmerde en attendant la mort ? Qu'il y a les faibles qui renoncent avant la fin (la fille a tenté de se suicider avant le voyage), et les forts qui arrivent au bout mais seuls ? Peut-être. Et peut-être que ça n'a rien à voir avec ça, je n'en sais rien. Le film, en n'expliquant rien, a au moins le mérite d'obliger le spectateur à se pencher un peu sur lui après la fin et à lui accorder un peu plus d'attention qu'aux autres, et ça, c'est bien.
Je reconnais que le mélange survival/questionnement philosophique est audacieux et original, mais ça ne m'a pas autant envoûtée que Gerry ou La Corde. Gerry est pratiquement muet et laisse le temps au spectateur de méditer (ou s'emmerder ^^). Il y a une pureté et une radicalité dans son dispositif (deux petites silhouettes dans un paysage à l'immensité écrasante) qui marquent la rétine et l'esprit. "It ends", au contraire, brouille les pistes mais ce n'est pas entièrement réussi. Et le film est TRES (trop) bavard, surtout au début, et les dialogues n'ont pas une haute portée philosophique. C'est loin d'être inintéressant en tout cas.
Créée
le 14 avr. 2026
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