Ivan le Terrible par JimAriz
Eisenstein est un monstre du cinéma, un virtuose du montage et de la scénographie. Un grand auteur aussi, puisqu'on reconnait sa patte dans chacun de ses films. Ivan le terrible, son deuxième film parlant, se détache, avec Alexandre Nevski, son autre film parlant, quand même de ces oeuvres muettes. L'action se déroulant dans un passé lointain, dans ses films Eisenstein ne se préoccupe plus du prolétariat et ne semble plus engagé politiquement. C'est le cas de cette première partie d'Ivan le terrible qui met en scène, en tant qu'héros, le despote Ivan, tsar connu pour son totalitarisme. Certes la réalisation est fascinante et digne de l'auteur du Cuirassé Potemkine, mais on est un peu décontenancé par ce côté là. Staline lui-même a couronné cette première partie d'un prix.
Fort heureusement, Eisenstein n'a pas perdu la tête. La seconde partie d'Ivan le terrible se révèle, au contraire, une critiques très forte de la politique unique d'Ivan et donc de Staline. Le dictateur soviétique a d'ailleurs censuré cette seconde partie.
Par cette petite histoire, Ivan le terrible se montre comme un film extraordinairement bien réalisé, certes, mais surtout comme un sujet de réflexion fort intéressant sur la relation d'Eisenstein avec l'actualité politique de son pays.