Gérard Lanvin est engagé pour jouer dans une grosse production américaine ayant pour cadre le débarquement en Provence lors de la Deuxième Guerre Mondiale.Le temps du tournage,il est logé dans une grande et belle maison avec piscine,mais cette dernière dégage une odeur pestilentielle qui nécessite l'intervention d'un technicien.Et là,c'est le drame!Parce que le réparateur qui se pointe est un fan absolu de Lanvin.C'est surtout un neuneu con et chiant qui ne va plus lâcher la grappe de l'acteur,faisant de ce tournage un enfer.Bon,c'est écrit et réalisé par Philippe Guillard,et on pourrait s'arrêter là tant la nullité de l'ancien rugbyman est proverbiale,d'où l'expression "film de Guillard,film de tocard!".Cette production Gaumont joue la carte à la mode du film sur des comédiens existant réellement interprétés par ces comédiens eux-mêmes.Le genre "Dans la peau de John Malkovich" ou "JCVD",si vous voyez.Ou alors,dans le style choral,"Les acteurs" ou "Le bal des actrices".On couple ça au genre du film sur le tournage d'un film à "La nuit américaine" ou "Ca tourne à Manhattan",avec en plus une lichée de comédie sur les fans collants en mode "La valse des pantins" ou "Mes stars et moi",et l'on obtient ce mélange poisseux shooté comme un téléfilm pour après-midis tisanières.Cette histoire suinte le mépris de la grande famille du cinéma français pour son public,et l'on voit ce pauvre Gégé harcelé en permanence et qui passe sa vie à poser pour des selfies avec tous les gens qu'il a le malheur de rencontrer,sans parler du débile qui lui colle aux basques.Ceci dit,c'est vrai qu'il est pénible le populo,et pas fin,et intrusif.Mais quand on choisit cette carrière et qu'on a la chance de devenir une vedette,on sait que ça va se passer ainsi,et il y a de bons côtés dans cette profession.Du reste,mister Lanvin assume volontiers son statut et se plie avec résignation à toutes les sollicitations.....au point qu'on ne croit pas du tout à cette impressionnante gentillesse de nos amis les stars qu'on veut ici nous vendre de force.Attention,il parait que Gérard est effectivement un type très cool et accessible,mais là c'est trop,sa patience est proprement surnaturelle.Il reste stoïque alors que n'importe qui à sa place,connu ou pas,aurait pété un câble et mis un bourre-pif au fâcheux depuis longtemps.C'est d'ailleurs le gros problème du film,c'est délibérément excessif et ça n'a aucun équilibre narratif.Le personnage de Momo est du reste tout aussi exagéré,il y a des fans gluants mais là ça dépasse toute vraisemblance,genre tu vires le mec par la porte,il revient par la fenêtre.Autre problème,c'est répétitif,les mêmes scènes tournent en boucle et le spectateur a toujours un temps d'avance sur l'intrigue.Et puis ce n'est pas drôle,c'est lourd,c'est dépourvu de rythme,bref ça rame dans les grandes largeurs.Sans compter la fin mélo sirupeuse qu'on voyait aussi bien venir.Dans ce contexte,les acteurs essaient sans trop de succès de limiter la casse.Lanvin ne sort pas grandi de l'affaire et se contente d'arborer un air excédé et très fatigué.C'est du coup Artus qui fait le show en auguste de carnaval,et c'est assez répulsif.Son Momo est une telle plaie qu'on a juste envie de le flinguer dès qu'il surgit à l'écran,ce qui est hélas le cas dans la majeure partie du film.Parmi les seconds rôles il y a l'excellent canadien Antoine Bertrand,très marrant en réalisateur barré,l'actrice de téloche Caroline Bourg,vue dans "Sous le soleil" ou "Plus belle la vie",éteinte en maquilleuse attitrée de la star,la jeune Lou Chauvain,solaire et dynamique en assistante efficace,la très jolie Natasha Andrews en scripte draguée,et l'Espagnole Laura del Sol.On est désolé de voir ici l'actrice et danseuse sexy du ciné ibérique d'autrefois,celle qui apparaissait chez Saura,notamment dans "Carmen" ou "L'amour sorcier",ou dans "The hit" de Frears.Là,elle fait juste pitié en mère d'Artus,la vieillesse est un naufrage.Notes et critiques de films de Philippe Guillard publiées précédemment:"On voulait tout casser"-2,"Le fils à Jo"-1.Moyenne:2.