Probablement mon premier Téchiné, dont je ne parlerai pas en détails faute de m'en souvenir assez précisément mais ses scènes nocturnes en extérieur m'avaient beaucoup marqué, ce Paris interlope illuminé par la présence d'Emmanuelle Béart en jeune prostituée déjà blasée mais lumineuse à laquelle Manuel Blanc s'accroche comme à un vain espoir dans la dernière partie du film, de même que son casting de seconds rôles assez parfait, de Philippe Noiret à Roschdy Zem en passant par Hélène Vincent, et cette scène désabusée de la permission militaire à la fin. De ce que je m'en souviens, il y a vraiment tout Téchiné dans ce film, qui en incarne probablement la veine la plus pessimiste : l'intime dans un cadre romanesque flirtant par moments ici avec le polar, le déracinement, la découverte initiatique d'un monde qui va provoquer chez le personnage de Pierre, jeune homme du Sud-Ouest débarqué à Paris pour devenir comédien et amené face à l'échec à vendre son corps à des hommes pour survivre, confusion (identitaire, sexuelle mais aussi sentimentale) et désillusions mais aussi une paradoxale addiction dont il ne ressortira pas indemne.