Bernard est un des trois d'une fratrie de jumeaux. De là à penser que la comédie sera un vaudeville avec échange de sosies, il n'y a qu'un pas. Mais hormis la scène finale qui joue grossièrement de la confusion des trois frères, le personnage central est Bernard, un gentil ahuri qui veut faire du théâtre.
Le film est complètement dédié au comique oublié Roger Nicolas, d'autant plus oublié que son style humoristique, dans son registre populaire, n'est pas très identifié. Son obsession du théâtre et les manœuvres d'un promoteur immobilier pour acheter l'auberge familiale sont les jalons d'un scénario qui part un peu dans tous les sens, de façon à placer Roger Nicolas dans des séquences comiques sans rapport avec le sujet. Comme une suite de sketches.
Le film, tout proche du nanar, n'a pas d'autre intérêt que sa fantaisie débridée qui s'autorise des gags et des dialogues rudimentaires dans un esprit ingénu et désuet. Ça ne vole pas haut évidemment. On croise dans la comédie un imitateur (Claude Vega) de vedettes de l'époque, une demoiselle Flouc de la Donzelle (!), un faux Jean-Paul Sartre ; on peut s'amuser, parce qu'ils sont balourds, de quelques quiproquos sans suite ou d'une représentation du Cid qui tourne au n'importe quoi. Le réalisateur Berthomieu est en roue libre et rien n'est construit.