Entre brume anglaise et déviance sociale
Adaptée pour la millième fois du roman de Charlotte Brontë paru lui-même en 1847 en Angleterre, Jane Eyre, porté par Mia Wasikowska et Michael Fassbender, se dessine sous la caméra de Cary Fukunaga à la lueur de l’été 2012.
Alors que la note de la presse (sur 5) se porte à 3.1, la mienne ne dépasse pas les 12 (sur 20). Il est vrai que l’action reste muette et semble laisser constamment place à la brume anglaise.
Tant dis que la passion semble avoir disparue entre le livre et le film, cette histoire d’amour dramatique laisse sur sa faim. Elle semble n’avoir pour avantage que deux acteurs qui la portent, quant à eux, à merveille. Les traits de l’autobiographe sont ceux de Mia Wasikowska ce qui lui permet de dévoiler toute la gamme de son talent. Un travail d’orfèvre du cameraman d’avoir attrapé toutes les dissensions et la ferveur de ce rôle parfaitement exécuté. Quant aux traits du nobles tourmenté, ils sont exécutés par l’admirable et sans pareil Michael Fassbender.
Tout cela finit par être jouer dans un écrin contextuel et naturel parfaitement juste, la beauté des lieux ou des costumes, le respect du rapport de force maître et domestique, parallèle à celui de l’homme et la femme de l’époque. Finalement tous ces détails remarqués, tous ces temps d’observation sur le point d’une robe ou le détail de l’herbe, finissent par trahir le manque d’audace du scénario. On en oublie même la folie, thème important du livre, qui n’apparaît qu’en filagramme. Une adaptation pour le peuple pour le mieux raté et ennuyante et pour les experts un magnifique tableau du 19e et des acteurs incontournables seulement.