Relancé grâce au très bon accueil fait à Peggy Sue got Married, Francis Ford Coppola livrait en 1987 un film méconnu dans sa filmographie mais qui mérite assurément le coup d'oeil: Gardens of Stone.
Adapté du roman de Nicholas Profitt, Gardens of Stone pose un regard amer sur le conflit au Vietnam, sur l'absurdité d'envoyer là-bas de jeunes hommes condamnés à se transformer en chair à canon au nom d'un pays qui les ignore, à travers le portrait attachant d'un bataillon de parade basé à Washington.
Avec un mélange d'humour et d'émotion qui fonctionne à merveille, Coppola construit une histoire d'autant plus bouleversante que l'on connait dès les premières minutes le sort funeste réservé à son jeune héros, le film étant narré à travers les souvenirs d'un vétéran ayant tout fait pour le préparer à défaut de le retenir, rôle magistralement interprété par James Caan.
Les personnages, tous aussi humains qu'attachants, sont le coeur du film, tout comme l'est une troupe de comédiens impeccables, composée entre autres de James Earl Jones, d'Anjelica Huston, de Dean Stockwell ou des jeunots D.B. Sweeney, Mary Stuart Masterson et Elias Koteas.
Bénéficiant de dialogues aux petits oignons (on y entend le fameux "Les avis c'est comme les trous du cul, tout le monde en a un." popularisé l'année suivante par le dernier volet des Dirty Harry) et d'un casting talentueux, Gardens of Stone est un petit film qui mérite d'être (re)découvert, pudique et sensible, sur un sujet qui risque malheureusement d'être à jamais d'actualité.