Mon premier film de Lisandro Alonso. Je voulais commencer par "Eureka", mais étant attirée par le pitch et la promesse du western je me suis dit pourquoi pas.
Bon, ce n'est pas un film à regarder en rentrant du boulot après une longue journée. C'est lent,parfois plusieurs minutes de contemplation sur le même plan caméra. Je ne connais pas encore assez le réalisateur pour savoir si c'est sa marque, mais ça surprend : on aime ou on aime pas. Pour ma part je suis très partagée : d'un côté je me dis que Mortensen abuse d'encore arpenter les déserts dans des plans larges parce qu'il l'a déjà fait dans "Loin des Hommes" avec les mêmes thématiques ( quête de soi, de l'autre, rapport à la mort etc... ) donc ça fait un sentiment de "déjà-vu". Quelques digressions au cours du récit ont failli me faire perdre le fil sur un film qui est déjà très lent. On saluera comme même qu'il n'y a pas de musique, sauf à la fin, et que ce n'est en rien un manque puisque tout se joue sur la photographie. C'est beau, on dirait un enchaînement de dioramas avec Mortensen qui se déplace dessus pendant 1h50. Rien de péjoratif, c'est un film contemplatif c'est tout. Le scénario est vite vu, un père cherchant sa fille, et voulant la protéger des hommes et de leurs mauvaises intentions. Certaines scènes restent en mémoire notamment
celle de la rencontre avec la vieille dame, où se transpose dans un corps âgé l'esprit de sa fille disparue qu'on estime à ce stade du film défunte.
En résumé, c'est un film à voir si l'on aime les thèmes de la nature et de la paternité, mais ce n'est pas le récit qui est appréciable mais bien la photographie et le choix des couleurs pour sublimer l'Argentine.