A peine son épouse a-t-elle embarqué pour les Etats-Unis que François, accompagné de son ami Robert (Bernard Blier), la croise dans un hôtel parisien. Confusion de courte durée : c'est un sosie.
SI le début de la comédie est plutôt plaisant et animé, avec un duo Fresnay-Blier -le second volant presque la vedette au premier- qui fait flèche de tout bois pour séduire l'inconnue, la suite est beaucoup moins intéressante, suivant la réalisation transparente d'Henri Decoin. Le vaudeville s'éteint progressivement, à l'image de la composition mollassonne de Pierre Fresnay.
Bien que couple à la ville, Yvonne Printemps et Fresnay sont ternes, et peut-être est-ce la faute de personnages trop élémentaires, trop lisses. Le duo est bien loin de la causticité des meilleures comédies sentimentales américaines de la même époque. La comédienne est même exaspérante quand elle chante et maltraite les aigus.
L'imbroglio dans l'hôtel et ses divers incidents et rebondissements ne visent qu'à consacrer la supériorité de l'amour conjugal sur l'infidélité et la tentation de l'adultère. Ce thème a été exploité, avant ou depuis (ainsi "La femme aux deux visages" de Cukor avec Garbo), de façon plus subtile. Les quiproquos ne perdurent que grâce au manque de bon sens des personnages. Loi du genre, sans doute, mais assez agaçante ici à cause d'une mise en scène pataude.