En 1980, Dino Risi entamait le début de la fin de sa carrière. À soixante-quatre ans, son film Je suis photogénique traduit une sorte d'aigreur, mais contre qui ou quoi ? Le réalisateur avait accédé au métier par hasard, or le film est une satyre du cinéma, un périple presque kafkaïen dans les désillusions de jeunesse, dont la lecture est rendue inconfortable par sa ponctuation absurde : érotisme, espoirs naïfs déçus à répétition, dindon de la farce, cliché de l'imprésario qui se trompe dans le nom de son protégé... le film ne gagne pas à être spécial.
Pour l'apprécier – car c'est tout à fait possible –, il faut se concentrer sur l'aspect comique, rarement trop lourd, et rarement subtil aussi, mais l'humour a le mérite d'être là et d'avoir du sens. L'œuvre constitue une critique dense et plaisante qui commet simplement l'erreur de ne pas vraiment choisir de trame, toutefois pas celle de foncer n'importe comment dans n'importe quoi. On peut lui reprocher de ne pas renouveller le thème de la naïveté et d'être meilleure sur le coup qu'à la réflexion, mais ce n'est tout de même pas un navet.
Quantième Art