Dino Risi imagine une satire du milieu du cinéma à travers les pérégrinations à Cinecitta d'un cinéphile tenté par l'aventure de l'art dramatique.
Le sujet tient une part de ses promesses grâce au talent éprouvé de Risi en matière de formules et de portraits sarcastiques, autant qu'à son audace dans le mauvais goût. Loin de la magie du cinéma et de son image idéalisée, Antonio, devenu figurant, va de déconvenues en humiliations, confronté à la cupidité des imprésarios, à l'indélicatesse des metteurs en scène et à la condescendance arrogante des stars
(Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman, irrésistibles dans leur bref et propre rôle).
Risi dévoile en définitive, si besoin est, l'illusion du septième art et l'idée de bonheur qu'il véhicule.
Hélas, le cinéaste se laisse quelque peu emporté par les complaisances et les approximations d'un scénario peu rigoureux. La caricature et la trivialité le détournent parfois d'un simple esprit grinçant et l'entrainent dans une farce où les personnages n'ont plus guère d'intérêt ni de talent. Risi donne trop facilement dans une verve et une truculence plus grossières que caustiques. Sans quoi, la comédie aurait mérité le label de "satire à l'italienne".