On retrouve déjà de nombreuses thématiques que Cecil B. DeMille approfondira par la suite dans sa filmographie :

- La dichotomie entre la luxure de cour et les vertus chrétiennes. Les scènes où Jeanne d'Arc mène son armée s'opposent avec celles du roi Charles VII, manipulé par sa cour. Le parallèle avec les futurs péplums du réalisateur est évident, bien que le contexte soit différent (Empire romain contre monde chrétien).

- La vision virile du christianisme. Cecil B. DeMille, fervent protestant, reprend quelques clichés anticatholiques (sur l'Inquisition, la torture…), tout en rendant hommage à une sainte catholique. Dans ses futures œuvres médiévales, il adoptera une approche similaire, voire plus subtile : un rejet de l’obscurantisme au profit d’une entente entre croyants (Les Conquérants en 1917, Les Croisades en 1935, etc.).

- La réincarnation. Cela justifie l’introduction du personnage fictif d’Eric. On peut trouver cela anachronique, voire ridicule, mais cette invention s’inscrit dans la logique du réalisateur.

- Le lien entre passé et présent. Ici, illustré par le prologue sur la Première Guerre mondiale.


Le film a cependant un défaut majeur : le choix de l’actrice principale.

Sur la forme, cette version est plus réussie que celle de Victor Fleming. Cecil B. DeMille se montre plus généreux en décors et en figurants. Il y a de belles scènes : la bataille d'Orléans, le sacre, le procès, l’utilisation de la couleur pour le feu, ...

Dans la lignée de Intolérance (1916) de D. W. Griffith, Cecil B. DeMille réalise une fresque historique ambitieuse pour l'époque.

Créée

le 1 févr. 2025

Critique lue 58 fois

Le-Sicambre

Écrit par

Critique lue 58 fois

17
3

D'autres avis sur Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc

6

Morrinson

le 15 mars 2018

Suivre

Une histoire de Jeanne d'Arc et de son amant anglais (sans headbanging)

Joan the Woman est une vraie surprise, mais pas nécessairement dans le meilleur sens du terme. Certes, une grande partie du film est consacrée à la peinture épique d'une fresque historique autour du...

Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc

6

Fatpooper

le 13 déc. 2013

Suivre

Un film muet bavard

J'ignorais quelle version je possédais. Et y en a un paquet. Je m'étais quand même préparé à celui de Besson, et donc à quelque chose de peut-être un peu chiant. Faudra d'ailleurs que je le revoie...

Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc

4

Jean-FrancoisS

le 23 nov. 2016

Suivre

Le melon de DeMille

Cette version de Jeanne d'Arc est le premier film historique de grande ampleur que réalise Cecil B. DeMille. Admirateur du péplum italien "Cabiria" sortie en 1914 aux décors pharaoniques, DeMille va...

Du même critique

Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc

8

Le-Sicambre

le 1 févr. 2025

Suivre

Un film typiquement "demillien"

On retrouve déjà de nombreuses thématiques que Cecil B. DeMille approfondira par la suite dans sa filmographie :- La dichotomie entre la luxure de cour et les vertus chrétiennes. Les scènes où Jeanne...

Une aventure de Buffalo Bill

Une aventure de Buffalo Bill

8

Le-Sicambre

le 15 janv. 2026

Suivre

Vies parallèles

J'adore le cinéma de DeMille. S'il ne possède pas toujours le sens du cadrage d'un Ford ou d'un Leone, on sent chez lui une réelle volonté de faire du cinéma un art, au même titre que la littérature...

Tumak, fils de la jungle

Tumak, fils de la jungle

7

Le-Sicambre

le 4 juin 2024

Suivre

Un million d’années avant Jésus-Christ !

"Tumak, fils de la jungle" est moins un film sur la préhistoire qu'un film d'aventure, dans la lignée de "King Kong" (1933). Dans ce "One Million B.C.", les Homo sapiens côtoient les dinosaures. En...