Jigoku
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Jigoku

Film de Tatsumi Kumashiro (1979)

L’Enfer avec Mieko est-il vraiment l’Enfer ?

Aki est le produit d’une relation adultérine qui a coûté cher à ceux qui l’ont entreprise : aussi bien le père que la mère ont été tués par le mari trompé. Aki a pu naître in extrémis, sortant de l’utérus d’une femme laissée pour morte, ce qui a donné à penser aux témoins qu’Aki est en fait née en Enfer. Vingt ans plus tard, la voilà devenue une pilote de course, mais le quotidien commence à devenir pour elle franchement dangereux, comme si des forces mystérieuses s’acharnaient à la faire périr. Le hasard l’amène à son lieu de naissance où elle découvre la famille assez détraquée qui a autrefois refusée de l’accueillir et dont le père est celui qui a tué ses parents…

J’avoue, ce qui m’a d’abord incité à mater Jigoku est la plastique sensuelle de Mieko Harada. Dame ! Comme on devine que l’on va être plongé dans les différents cercles de l’Enfer, à la manière du Jigoku de Nobuo Nakagawa, autant s’infliger des émotions plus douces (surtout lorsqu’elles se font sous la houlette d’un spécialiste du pinku). Et puis, Harada est une excellente actrice. Dans le film, elle a su donner à son personnage suffisamment de fièvre pour accentuer le malaise que peut ressentir le spectateur devant cette famille qui est déjà une sorte d’antichambre de l’enfer.


On peut être rebuté par un aspect daté dû à des effets à la fois théâtraux et cheap, mais il faut reconnaître à Kumashiro d’être allé narrativement et formellement au bout de son projet, avec force visions dantesques que l’amateur de récits de fantômes japonais ne peut qu’apprécier, même si, finalement, on sortira du film en ayant surtout à l’esprit les affres liées à une famille de cauchemar.


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Créée

le 28 avr. 2025

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