Pas facile à suivre, le Nico. A chaque fois qu'on le pense à jamais prisonnier d'un cinéma de plus en plus navrant où seul surnage son génie capillaire, le voilà-t-y pas qui nous sort une partition magistrale de derrière les fagots. Mais dès la première syllabe du mot "comeback" prononcée, le voilà repartit dans les limbes du WTF le plus improbable.


Toujours est-il qu'il livre avec Joe une de ses performances les plus touchantes, les plus habitées, tout en étant d'une parfaite sobriété en loser magnifique prêt à péter une durite à la moindre escarmouche, boule de rage contenue qui ne demande qu'à exploser à la face du monde.


Remarqué dans le superbe Mud (auquel on pense forcément), le jeune Tye Sheridan est également excellent dans son rôle d'ado prêt à tout pour s'émanciper d'un père alcoolique et violent, à la limite même de la sociopathie. Version juvénile du personnage incarné par Cage, lui aussi bouffé par la haine et la colère, il compose avec ce dernier un duo extrêmement attachant, leur relation étant le point fort du film.


Naviguant jusque là entre stoner comedy et productions indies, le cinéaste David Gordon Green signe ici son oeuvre la plus réussie, l'aboutissement de sa vision d'une Amérique laissée sur le bord de la route qu'il avait déjà décrite sous l'angle du conte cruel avec L'autre rive, et sous un angle plus décalé avec son précédent Prince of Texas.


Malgré un léger manque de subtilité et la désagréable impression que le film arrive un peu tard (Gran Torino semblait déjà s'être pas mal inspiré du roman de Larry Brown, d'où un sale air de déjà vu), Joe est une oeuvre intéressante et fragile, aussi émouvante qu'elle peut-être dure, triste constat de ce qu'un environnement toxique peut faire sur les individus, le tout mis en scène avec un véritable talent.

Créée

le 29 mars 2015

Critique lue 1K fois

Joe

Joe

3

Torpenn

le 14 mai 2014

Suivre

Le cabot teint

J’ai toujours gardé une grande tendresse pour Nicolas Cage, enfin, le mien, celui des années quatre-vingt, le jeune gosse un peu barré qui enquillait les films originaux sans être sûr de pouvoir...

Joe

Joe

5

guyness

le 27 juil. 2014

Suivre

Redneck rédemption

On ne reviendra jamais assez sur la force d’un apriori. N’attendez rien d’un film et il pourra vous enchanter pour simplement avoir su éviter quelques évidents écueils. Placez-en lui de forts espoirs...

Joe

Joe

6

Before-Sunrise

le 6 mai 2014

Suivre

Tye hait

Joe est un film à l’image de son héros : borderline. Il oscille entre objet classique ennuyeux et scènes claque-dans-ta-gueule. Malheureusement, l’impression globale en sortant de la salle de ciné...

Gravity

Gravity

9

Gand-Alf

le 27 oct. 2013

Suivre

Enter the void.

On ne va pas se mentir, "Gravity" n'est en aucun cas la petite révolution vendue par des pseudo-journalistes en quête désespérée de succès populaire et ne cherche de toute façon à aucun moment à...

Interstellar

Interstellar

9

Gand-Alf

le 16 nov. 2014

Suivre

Demande à la poussière.

Les comparaisons systématiques avec "2001" dès qu'un film se déroule dans l'espace ayant tendance à me pomper l'ozone, je ne citerais à aucun moment l'oeuvre intouchable de Stanley Kubrick, la...

Mad Max - Fury Road

Mad Max - Fury Road

10

Gand-Alf

le 17 mai 2015

Suivre

De bruit et de fureur.

Il y a maintenant trente six ans, George Miller apportait un sacré vent de fraîcheur au sein de la série B avec une production aussi modeste que fracassante. Peu après, adoubé par Hollywood, le...