Il y a des cafards qui chantent et dansent de la country (avec des mini-chapeaux de cow-boys) ou du Beach Boys (en surfant), il y a du Green Day (album Insomniac, qu'on n'entend plus si souvent, et ça fait du bien... Oui, c'est resté notre groupe fav', depuis les années collège), il y a Jerry O'Connell (pareillement, qu'on ne voit plus si souvent, alors qu'on a aimé et poncé Scream 2 jusqu'à l'agonie du DVD), et il y a un bon gros rythme ultra-débile, ultra-dynamique, ultra-foufou (on sent que c'est produit par MTV). Bref, si l'on avait fait un film du haut de nos douze piges, il aurait eu exactement la dégaine de ce Joe's Apartment, qui sent bon la comédie de potes à pizzas, pour une soirée déconne qui fait un bien fou. Il faut quand même préciser que Joe's Apartment ne se moque pas de nous, même s'il affiche un côté j'en-fiche, car on ne s'y trompe pas : il y a les studios Blue Sky (ceux de L'Age de Glace) derrière l'animation des cafards numériques (et c'est étonnamment beau à regarder, pour un film de 1996), il y a un Jerry O'Connell qui se donne à fond (hilarant), une Megan Ward ultra-attachante, un chorus de cafards assuré par le groupe d'a-cappella Rockapella, Billy West (grand doubleur des Looney Tunes) et Tim Blake Nelson (dans un de ses premiers "rôles", ce qui est cocasse quand on connaît la carrière du bonhomme : commencer en doublant un cafard à la voix de Chipmunk, pour flamboyer dans O'Brother à peine quatre ans après... Un grand écart que Van Damme n'essaierait pas), et des gags cartoonesques (le chat aux pattes qui s'étirent) ou très cyniques (la critique de la zone urbaine est acerbe : loyers impossibles, bâtiments insalubres, standards téléphoniques d'incompétents, gamins qui jouent avec des seringues de camés... Oui, ça va très loin, et ça nous fait rire à chaque fois). Lancez-vous dans cet appartement moisi, aux calecifs qui bougent tous seuls (l'autre grande idée du film : pour les effets spéciaux "pratiques" des cafards, il suffit d'agiter les slips et les cartons de pizzas, et on y croit, c'est bête mais efficace !) car Joe's Apartment ne fait qu'1h19, et se regarde avec une telle facilité qu'il pourrait vite devenir votre film à ressortir avec vos copains amateurs de la déconne. Si vous aimez les absurdités à la "Hey Mec, elle est où ma caisse ?!", n'hésitez même pas, Jerry O'Connell et son air de ravi de la crèche vous attendent derrière la porte vermoulue. Ne sonnez pas, vous traverseriez le mur.