Tournée en 1947 dans le petit village de Sainte-Sévère dans le Berry (aujourd'hui Sainte-Sévère-s/Indre, à 46 km de Châteauroux) et sortie en 1949, cette comédie fut une formidable révélation, d'abord parce qu'elle révélait Tati dont c'était le premier film, et aussi parce que c'était la découverte d'un style comique qui n'était pas reparu en France depuis les années 30. Avec peu de moyens et beaucoup d'idées, Jacques Tati retrouvait en effet le secret perdu de la tradition burlesque, tout en s'inspirant des burlesques américains du muet, car il croque tout un petit monde villageois dans une économie de paroles en utilisant les gags visuels, les gags sonores et la poésie des personnages, voire même la poésie du paysage.
Il y décrit la tournée "à l'américaine" d'un facteur un peu hurluberlu sur son vélo pendant que des forains s'installent et que les préparatifs de la fête du village s'activent. Le scénario est donc tout simple, le facteur incarné par Tati lui-même, est une figure comme on n'en voit plus même dans nos campagnes, alors que la fête rurale qui se prépare, on peut certainement en voir encore de nos jours, même si les éléments de la ruralité seront moins pittoresques et moins chaleureux. D'où cette fraîcheur, cette authenticité et ce charme caractéristique de cette époque qui sont resté de cette comédie, même 70 ans après, alors que la plupart des films français de la même période ont beaucoup vieilli, y compris dans leur technique.
Tati impose d'emblée son comique spécifique, basé sur un bon sens de l'observation, en ne tirant pas d'effets comiques d'un dialogue ou d'une situation théâtrale, les gags s'enchaînent, mais sans chercher systématiquement à provoquer un rire mécanique, bouleversant les vieilles données du comique français, en lui donnant au contraire une poésie, une chaleur, une épaisseur et un dynamisme, tout comme le faisait Mack Sennett, référence évidente de Tati. Le succès fut immédiat et populaire.
A noter qu'en 1994, après restauration du film, on put voir des copies qui avaient été colorées au pochoir.

Créée

le 11 mars 2020

Critique lue 410 fois

Ugly

Écrit par

Critique lue 410 fois

26
11

D'autres avis sur Jour de fête

Jour de fête

Jour de fête

9

Kalimera

216 critiques

Monsieur Tati, je t'aime.

Un 9: rien que pour le souvenir d'une crise de fou rire interminable pour la scène dans laquelle notre facteur préféré essaye d'enfourcher son vélo avec deux handicaps de taille : 1- il est saoul...

le 23 sept. 2011

Jour de fête

Jour de fête

7

drélium

606 critiques

A link to the poste

Pourtant j'y croyais moyen pour celui-là, même au début, et ce malgré la nostalgie bien présente d'un village rappelant celui de mes grands-parents et plus généralement la France de Jadis. Après...

le 25 mars 2014

Jour de fête

Jour de fête

7

Ugly

1827 critiques

La tournée "à l'américaine"

Tournée en 1947 dans le petit village de Sainte-Sévère dans le Berry (aujourd'hui Sainte-Sévère-s/Indre, à 46 km de Châteauroux) et sortie en 1949, cette comédie fut une formidable révélation,...

le 11 mars 2020

Du même critique

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

5

Ugly

1827 critiques

Au fond, ce n'est qu'un numéro

Le voila enfin ce dernier Bond de Craig ! Après s'être fait attendre plus d'un an pour cause de covid, sans cesse repoussé, mon attente était énorme, il fallait que cet arc Dan Craig finisse en...

le 12 oct. 2021

Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand

10

Ugly

1827 critiques

"Quand on tire, on raconte pas sa vie"

Grand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...

le 10 juin 2016

Gladiator

Gladiator

9

Ugly

1827 critiques

"Mon nom est gladiateur"

On croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...

le 5 déc. 2016