8
4 critiques
Esta tudo bem
"Ce qu'on tourne, c'est cette expérience intime de partager quelque chose, de partager un endroit et un film". Voilà ce qu'à dit Miguel Gomes à Arte pour parler du Journal de Tûoa qu'il a co-réalisé...
le 2 août 2021
Un carton final nous annonce que « Journal de tûoa a été tourné sous régime de confinement, au Portugal, entre août et septembre 2020 ». Un film-concept qui serait le résultat capricieux de l’impossibilité à réaliser d’autres projets ? Probablement. Pourtant, on retrouve la patte Gomes là-dedans qui n’aura cessé d’expérimenter la matière, à travers des films très différents. On retrouve beaucoup de l’aspect luxuriant, très végétal, de son Tabou (2012). On retrouve surtout ce qui irriguait déjà Ce cher mis d’août (2008) à savoir le récit du tournage intégré au film. Ici, le film tout entier tient du récit de ce tournage voire de l’impossibilité de son tournage voire de la captation, en forme de journal, donc, d’une fiction nourrie par cette drôle d’expérience, réunissant, dans une propriété de Sintra, metteurs en scène, techniciens et acteurs. Le trouble nait d’une incertitude si ce que l’on voit résulte d’une interprétation, d’une répétition ou si les acteurs sont devenus les miroirs de leurs personnages, à l’infini. Cela se ressent beaucoup au début du film, essentiellement, quand on ne les voit que tous les trois, danser, jouer au billard ou construire une volière à papillons tout en répétant les mêmes mots ci et là. Car c’est l’autre grande particularité de Journal de tûoa qui comme son titre l’indique, fait le récit du mois d’août à l’envers – tûoa pour août / otsoga pour agosto – en partant du dernier jour de tournage pour terminer au tout premier. Autre idée conceptuelle ? Au contraire, il s’agit à la fois de rendre compte d’une altération temporelle provoquée par le temps du confinement autant qu’il s’agit de déconstruire toute forme de dramaturgie : Dans Journal de tûoa tout ce que l’on voit ne produit aucune conséquence, aucune fiction, mais de simples échos, à travers des visages, des objets, un coing en train de dépourir. Plus simplement la possibilité d’apprécier de voir voler un papillon avant de rencontrer sa chrysalide. Et le cœur du film est là : dans l’observation, la beauté des êtes, des choses, des éléments, des interactions et du vide. Comme si Le mépris, de Godard (que les récurrents filtres colorés accentuent comme s’ils rejouaient la fameuse scène de Bardot) rencontrait La collectionneuse, de Rohmer (Déjà convoqué par les cartons journaliers). Une sorte de quête d’Eden rembobinée. Une volonté de faire danser au premier jour comme au dernier. Autant je ne suis pas très curieux de voir comment la pandémie a investi les terres du cinéma, autant ce qu’en tirent Gomes & Fazendeiro, je trouve cela très beau et stimulant.
Créée
le 12 oct. 2021
Critique lue 127 fois
8
4 critiques
"Ce qu'on tourne, c'est cette expérience intime de partager quelque chose, de partager un endroit et un film". Voilà ce qu'à dit Miguel Gomes à Arte pour parler du Journal de Tûoa qu'il a co-réalisé...
le 2 août 2021
7
3071 critiques
Un carton final nous annonce que « Journal de tûoa a été tourné sous régime de confinement, au Portugal, entre août et septembre 2020 ». Un film-concept qui serait le résultat...
le 12 oct. 2021
5
5453 critiques
Gomes et Fazendeiro effeuillent le crépuscule d'un petit monde qui avance, à rebours, vers sa dissolution. Malgré quelques baisses de régime, ce conte d'un tournage tire sa grâce ambivalente de son...
le 21 juil. 2021
10
3071 critiques
J’ai cette belle sensation que le film ne me quittera jamais, qu’il est déjà bien ancré dans ma mémoire, que je me souviendrai de cette maison, ce village, ce petit garçon pour toujours. J’ai...
le 21 nov. 2014
5
3071 critiques
Quand Grave est sorti il y a quatre ans, ça m’avait enthousiasmé. Non pas que le film soit parfait, loin de là, mais ça faisait tellement de bien de voir un premier film aussi intense...
le 24 juil. 2021
2
3071 critiques
Laurent Laffite est génial. Laure Calamy merveilleuse. Ramzi excellent. Elodie Bouchez très juste. Les trois plus jeunes font le taf : Noée Abita, sublime dans Ava ; Sami Outalbali & Mahia...
le 27 sept. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème