S'inspirant de la comédie musicale End of the Rainbow, écrite par Peter Quilter en 2005, Judy est un biopic sur Judy Garland qui s'intéresse tout particulièrement à l'année 1968 et la série de concerts donnés par l'actrice et chanteuse, 30 ans après avoir triomphé dans Le Magicien d'Oz (peu de temps avant son décès).
C'est avec beaucoup de résistance que je n'ai pas regardé la bande-annonce, néanmoins avec succès que je n'ai pas craqué et que je suis entrée dans le film sans en avoir vu la moindre images.
Sur tous les films dans lesquels a joué Judy Garland, je n'en ai vu que très peu*. Cependant, c'est un personnage que je trouve fascinant et dont j'ignorais la triste fin de vie, dépeinte dans ce biopic atypique.
Atypique parce qu'il ne s'intéresse pas aux heures de gloire de la vedette mais de la toute fin de sa vie qui, bien que dramatique, regorge de l'essence même de ce qu'était l'actrice-chanteuse et ce qu'elle représentait.
Bien que le film n'est pas reçu un accueil très chaleureux en France (fait que je ne trouve pas étonnant pour le moins du monde), j'ai, pour ma part, été totalement emportée et bouleversée par ce dernier.
En effet, j'ai été impressionnée par toutes les séquences de concert qui, les unes reliées aux autres, témoignent d'une facette différente de l'artiste. De la pitié à l'admiration en passant par la joie, j'ai ressenti toute une gamme d'émotions devant ces instants chantés.
Il y a notamment, l'expertise avec laquelle a été menée la reconstitution du Londres de 1968. Que ce soit les séquences intérieures ou extérieures, j'ai eu un malin plaisir à être plongée dans le passé, à cette époque que je n'ai pas connue. C'est aussi avec envie que j'ai louché tout le film durant sur les costumes des actrices, que j'ai tous trouvé divinement beaux et éblouissants.
Enfin et surtout, il y a Renée Zellweger qui porte le film comme si c'était son dernier ou son unique. À des moments je ne savais plus qui elle était, j'avais l'impression de voir Judy Garland en personne. Si la ressemblance n'est pas évidente au premier abord, l'exactitude avec laquelle Zellweger est entrée dans la peau de Garland, donne des frissons et déstabilise.
Qu'on apprécie ou non cet effet de mimétisme, il est difficile de ne pas reconnaître le talent dont certains acteurs arrivent à s'abandonner pour laisser place à une autre personne qu'eux-même. À mon humble avis, Renée n'a pas volé son Oscar et mérite un respect infini pour cette performance qui restera gravée dans ma mémoire.
Vous l'aurez compris, j'ai aimé ce film et je ne m'en cache pas! Je vous le recommande donc que vous soyez familier avec Judy Garland ou non et j'en profite notamment pour vous conseillez Chicago de Rob Marshall (2002) dans lequel Renée Zellweger était tout aussi incroyable et où elle côtoie, entre autres, la ténébreuse Catherine Zeta-Jones et le charmant Richard Gere.
Anecdotes :
Pour s’attacher à une période aussi précise de la vie de Judy Garland, le cinéaste Rupert Goold et le scénariste Tom Edge ont dû réunir une documentation introuvable dans les nombreuses biographies de la star. Ils ont heureusement pu s’entretenir avec un témoin clé de ces événements, Rosalyn Wilder (jouée par Jessie Buckley dans le film), qui a été l’assistante de Judy pendant son séjour londonien.
Kave Quinn s'est attelé à la reconstitution du Hollywood des années 1930 avec les couleurs du cinéma de l'époque – le Technicolor et le Kodakrome – et les années 1960 qui évoquent un matériau filmique plus moderne. La production a choisi les célèbres studios de Pinewood pour reconstituer la MGM. Le chef-décorateur se souvient : "On a décidé de tourner en studio et de faire en sorte que tout ce qui concerne sa vie de star de cinéma soit résolument artificiel. Pinewood correspondait parfaitement à nos attentes, notamment en raison de son patrimoine. C'est totalement magique de débarquer sur un immense plateau désert et puis, quelques semaines plus tard, d'y revenir et de se retrouver dans une forêt créée de toutes pièces."
Pour être capable de jouer Judy Garland avec le maximum de réalisme, Renée Zellweger s'est entraînée au chant pendant un an avec le coach vocal Eric Vetro, puis a travaillé sa voix pendant quatre mois avec le superviseur musical Matt Dunkley. Même si l'actrice avait déjà chanté dans Chicago, sa préparation pour Judy a constitué un travail de longue haleine. Par ailleurs, Zellweger devait aussi maîtriser l'accent, la tonalité et la gestuelle de Garland. La comédienne oscarisée explique : "Au cours de cette année d’entraînement, j’ai vécu pas mal de moments au volant où Judy était assise à côté de moi, sur le siège passager. J’ai écouté sa musique et ses interviews, je me suis documentée sur ce qu’elle a vécu, etc."
- Dans l'ordre de sortie : Le Magicien d'Oz de Victor Fleming (1939), Le chant du Missouri de Vincente Minelli (1944), Une étoile est née de George Cukor (1954) et Un enfant attend de John Cassavetes (1963) : que j'ai tous adoré.