J'ai toujours eu beaucoup de mal avec Luc Besson. Humainement, je ne pense pas à avoir à expliquer pourquoi cet type est à gerber à plein de niveaux différents et scénaristiquement, il a réussi à me toucher sur deux films seulement (et clairement pas ceux qui ont rencontré le succès), le reste du temps proposant des œuvres plates, inintéressantes et dont je ne comprends clairement pas le succès.
Dans June and John, il essaie de proposer une sorte de comédie romantique, avec des acteurs inconnus et en pleine pandémie et avec un budget ridicule. J'ai un vague espoir qu'il proposait quelque chose de nouveau, mais, clairement, je suis bien obligé de reconnaître qu'il n'y a pas grand-chose qui fonctionne et que les critiques que le film a reçu sont clairement justifiées. On y suit l'histoire de John, un comptable quasi-dépressif qui se fait harcelé au travail (et on va reparler de ce point, vous vous en doutez peut-être.) et qui est, apparemment, entouré exclusivement d'abrutis finis. Il a une malchance qui touche au fantastique, mais finit par tomber sur June qui est pleine de vie et qui va lui permettre de sortir de sa zone de confort. Vous avez l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part ? C'est normal, le scénario n'aillant aucune originalité et perpétuant un nombre de clichés assez hallucinant. On pourra, au moins, reconnaître que les deux acteurs principaux s'en sortent assez bien, d'autant que ceux-ci n'ont pas beaucoup d'expériences. Pour le reste, la technique n'est pas exceptionnelle, mais elle reste sauvée par quelque choix de musiques assez sympathique et le rythme correct. Dernier point à évoquer, c'est, tout de même, presque malaisant de voir Luc Besson essayer de parler de harcèlement (que ça soit sexuel ou moral) quand on sait qu'il est lui-même accusé de viols par plusieurs femmes (non, elles ne se sont pas dit « tiens si on s'attaquait à un réalisateur célèbre pour s'en prendre plein la gueule et se faire insulter par des cons alors que c'est faux.) et que les plaintes contre les manières de travail de Besson sont plus que récurrentes... Il aurait voulu se critiquer lui-même qu'il n'aurait pas fait mieux.
Un bel échec qui s'est pris des retours négatifs de manière assez méritée et qui ne restera pas dans les mémoires. On aurait pu se dire que la carrière du réalisateur avait définitivement du plomb dans l'aile, mais sa proposition suivante, Dracula, bien que très étrange, sera plus réussie et lui permettra de se relancer.