Premier rapport avec un camarade de classe et l'adolescente Juno se retrouve enceinte. Embarrassée mais pas accablée, suivant l'esprit fantaisiste du film de Jason Reitman et la personnalité facétieuse de Juno (Ellen Page, charmante comédienne malgré quelques tics d'interprétation typiques des jeunes acteurs américains, dans les séries pour teenagers notamment).
Optimiste et badine, la comédie écarte la question qui fâche -l'avortement- tandis que les parents de Juno accueillent la nouvelle avec bienveillance.
Le thème de l'adolescente enceinte, ici dédramatisé, ne présente pas d'incidences malheureuses et, parce qu'il est dépourvu d'un contexte social et psychologique réellement significatif, n'a pas d'autre sens que l'expérience initiatique, de l'amour et de la maternité, pour la jeune héroïne. Sa décontraction, au long des neuf mois qui suivent, son sens de la dérision et de l'autodérision, un peu étonnant pour une gamine de son âge, déterminent aussi le point de vue décalé du réalisateur.
Pour autant, le sujet, qui a pour perspectives l'accouchement et le don du bébé à un couple BCBG en mal d'enfant, semble parfois manquer d'épaisseur au-delà de la singularité de Juno.