Rien à dire sur les comédiens, les décors, la mise en scène. Les comédiens sont au mieux de leur forme. Camille Cottin, Pierre Lottin, Louis Garrel, les jeunes Simo, Boublil et Alexis Rosenstiehl s’éclatent dans leurs rôles où ils excellent et épousent totalement leurs personnages, convaincants et enthousiastes. Rien à dire sur leur professionnalisme, leur performance, la finesse de leur jeu.
Les décors : travaillés et retravaillés, rien n’est laissé au hasard pour nous plonger dans les années 80. Les immeubles, les voitures, les meubles, les enseignes dans la rue, le moindre petit détail est pensé et ajusté, depuis le vidéoclub jusqu’aux boutiques et aux établissements scolaires.
Sans parler des musiques et des émissions -radio. Pour ceux qui ont connu les années 80, on prend plaisir à en retrouver les grands succès – le hit-parade – et bien sûr la valise RTL.
La mise en scène est soignée, mais quoi d’étonnant avec deux réalisateurs exigeants et perfectionnistes.
Alors qu’est-ce qui manque ? Qu’est-ce qui ne va pas dans ce film ? Pourquoi me laisse-t-il sur ma faim – et sur la fin - alors que j’en attendais avec impatience la sortie au vu des critiques prometteuse et d’une bande-annonce qui donnait envie ? Peut-être parce que je ne vois pas le pourquoi de ce film. Je ne vois pas où il nous mène, sinon cette chronique douce-amère d’une époque révolue – révolue et qui pourtant contenait toues nos dérives d’aujourd’hui.
Rien ne manque pourtant à cette chronique où l’on retrouve finalement tout ce qui fait aujourd’hui notre environnement, la mère exploitée qui se secoue de sa condition de laveuse de vaisselle et de l‘oppression mâle – celle de son mari et celle de son employeur. Le futur électeur du front national, déjà sensible aux thèses malsaines et à la propagande facile. La fragilité économique et comment on se retrouve sur le carreau sans même s’en rendre compte. La révolte adolescente. Une banlieue dont on ne sait comment elle va évoluer. C’est beau, c’est émouvant, c’est plein de souvenirs et de bons sentiments. Mais au-delà de cette chronique des années 80 et du tableau de relations familiales dépeintes sans concessions, parfois houleuses, et même orageuses, avec ce qu’il faut de regrets, de tensions, de conflits et de retrouvailles, sur fond de préparation d’une bar-mitzvah, quel est le message du film, que prétend-il apporter ? Je n’y ai rien vu, ou alors j’ai raté quelque chose…