On est vraiment sur un film fait par et pour des quincagénaires socialistes macrono-compatibles perdus dans le monde contemporain. Du nostalgia porn sans aucune substance. On nous montre les fringues, les musiques, les vieux ordis, le gros zoom sur le logo microsoft, et pire que tout, les REFERENCES. Ils ont quand même ressorti la blague de François "Mitron" du sketch des Inconnus. C'est un doudou pour des darons dépassés par leur époque, qui se réfugient dans un passé dont on a gommé tout contexte pour n'en garder qu'une esthétique un peu abstraite. Je veux dire le film fait mine de jouer un espèce de contexte social un peu dur. Papa est au chômage, pleins de gens sont au chômage d'ailleurs. Pourquoi, comment ? Le seul indice qu'on aura c'est une réplique "période de merde hein!". Et puis à l'époque c'était plus simple, nous on était les gentils de SOS racisme, il y avait les méchants fachos du FN, et on s'embrassait en manif. Quelle misère sérieux. Un de ces films qui est ringard dès sa sortie, fossilisé sur place.
Si encore le reste était à la hauteur mais non. Le film se roule dans la médiocrité avec un entrain effarant. On ne nous épargne aucun cliché. On a droit à la sempiternelle scène de personnage qui danse tout seul pour conjurer la déprime. Tous les maux se soignent magiquement, on s'en assure on montrant les personnage se sourire, sourire aux autres, sourire de loin, sourire de près. Un film qui nous dit qu'on peut tous s'aimer les uns les autres. Et à la fin la cellule familiale est restaurée, Bégaudeau serait RA-VI. Sur l'humour, il doit y avoir 10% de bonnes blagues. Les autres sont soit grillées à peine la scène commencée, soit tellement tirées par les cheveux qu'on se demande juste ce qui leur a pris d'écrire ça ("je crois que je suis le Messie"), soit elles tombent juste à plat, les plus gênantes étant celles autour des jeunes (ça crie l'écriture de vieux encore une fois...).
Le rythme est beaucoup trop rapide, on ne laisse à aucune scène le temps de vivre, le film préfère aligner des punchlines et bombarder de la musique années 80. Tout est sur-signifié, à deux doigts de toujours caser un personnage qui rigole dans un coin pour nous rappeler qu'on doit rire. Et puis c'est pas toujours bien joué quoi. Autant les acteurs gamins on leur pardonne de ne pas être toujours être bons (Anne Karine lit son texte), autant il y a des adultes qui cabotinent comme dans un sketch du palmashow, Louis Garrel et Pierre Lottin forcent des accents, des postures, quand bien même leurs personnages peuvent se montrer assez agréables finalement.
Le plus inquiétant dans tout ça reste la réception du public qui jusque là a l'air plutôt très bonne. Les artifices ont donc fonctionné ? Ou bien sommes nous tous déprimés au point d'avoir besoin de nous réfugier dans une mauvaise expo rétro ?