Cette comédie fraîche et réjouissante, s’appuie avant tout sur une reconstitution des plus soignées des années 80, qu’il s’agisse des espaces intérieurs ou des rues. Le spectateur a plaisir à retrouver ce qui a fait la magie de cette période avec ses musiques détonantes, ses émissions télévisées phares, et le mobilier ou les vêtements si particuliers.
C'est d’abord une histoire de familles. On pense d’ailleurs aux succès de La boum ou antérieurement Diabolo menthe, qui ouvraient la voie à ce style de comédie, très largement réservée aux adolescents de l’époque. La famille ressemble à celle de tout le monde, avec le jeune protagoniste, Vincent (une révélation), presque treize ans ; son frère, Arnaud, en plein bouleversement identitaire ; et deux parents un peu paumés.
Le long métrage ne serait pas d’une telle qualité sans l’interprétation irréprochable des acteurs. Tous s’invitent dans la peau de leur personnage avec un air décalé, mais jamais grotesque. Ils usent avec parcimonie de l’art de la caricature, apportant à la fiction un esprit jovial. Pour autant, les cinéastes apportent aussi une petite touche mélancolique quand ils abordent le parcours déchirant de familles juives, originaires d’Afrique du Nord, contraintes au rapatriement France. Ils en profitent, et c’est heureux, pour dénoncer joyeusement les stéréotypes qui peuvent peser parfois sur la communauté judaïque.
Le cinéma français est ainsi capable d’offrir un spectacle qui apporte une vraie bonne humeur. Tant mieux !