J'appellerais ça un nanar de luxe. Parce que du pognon il y en a dedans, et tu le vois. Mais purée, quel nanar. Le film ne te raconte rien, et n'a comme seul but que de tenter de te faire revivre la soit disant nostalgie des années 80 (au secours, stop, on en a marre !) des deux auteurs en racontant l'histoire d'une famille (sans doute inspirée d'un mélange de leurs souvenirs personnels mais on s'en fout, ce n'est qu'un enchainement de poncifs), et d'un jeune héros qui découvre l'amour. Mais purée, La Boum c'est du Antonioni a côté de ce nanar fat et prétentieux au possible. Ce film qui est donc se dérouler au milieu de 80's n'est pourtant que le reflet exact de 2026 : c'est à dire que jamais, malgré les efforts faits, indéniables, dans les costumes et décors, jamais, donc, tu ne peux croire que ce film se déroule dans les 80's, tout y est neuf, propre, lissé, c'est une version des 80's fantasmée depuis 2026 qui n'en a conservé que le vernis largement ripoliné depuis (sans parler des anachronismes assez flagrants). Mais pire encore, le film passe ses deux longues heures à enfiler, sans ne jamais rien proposer d'autres, des références visuelles aux 80's. Et là, courage, tout y passe, les marques, les références, les films, les chansons, les jeux vidéos, les émissions TV, pendant deux heures ! Jusqu'à l'écœurement, jusqu'au vomissement ! T'as vraiment l'impression que les deux guignols ont leur grilles de loto sous les yeux et qu'ils cochent les cases l'une après l'autre : ça on l'a mis, ok, ça aussi, ça aussi. C'est absolument insupportable à regarder (j'avais vu avec beaucoup de difficulté la saison 1 de l'abominable série régressive Stranger Things et c'était exactement la même chose), on ne nous donne à voir qu'un empilement de marques, de références clin d'oeil, et c'est une fois de plus ce que j'appelle du cinéma-marketing. Le marketing a depuis des décennies pris la main sur de nombreuses disciplines artistiques, mais il intègre maintenant directement le coeur des oeuvres comme ici. Tu veux un film 80's, alors on va te donner le package de références à y intégrer et ce sera parfait. Ce serait généré par l'IA qu'on aurait exactement, à la virgule près, le même résultat. Mais la vie là dedans ? Elle est absente, totalement. Morte et enterrée. Pas une respiration ne se fait entendre dans ce film. Même la bande son est insupportable. Et pourtant on y entend, parmi d'autres, The Cure ou Joy Division, mais il y a de la musique tout le temps, chaque scénette est illustrée par un tube de l'époque, pour bien pousser tous les marqueurs au maximum au cas ou ce ne se soit pas déjà suffisant (d'ailleurs le frère du héros tient un vinyle - pirate - de Joy Division qui n'était pas sorti à l'époque où c'est sensé se dérouler, c'est drôle cette méconnaissance totale, et ça prouve bien que le seul truc qui les intéresse c'est la "marque" Joy Division.), et crée de fait une bouillie sonore de l'époque qui devient vite insupportable de saturation. L'un des pires films du duo (qui n'en a pas réussi beaucoup d'ailleurs).