Kalank est un film visuellement splendide, avec des décors magnifiques, une mise en scène impressionnante et une bande-son qui marque les esprits. Mais malgré toute cette beauté apparente, le film souffre d'un scénario bancal qui ne parvient pas à soutenir l’ambition de l’histoire. On retrouve des éléments d’autres grands films comme Ram-Leela, Hum Dil De Chuke Sanam et Baahubali, mais il leur manque la profondeur émotionnelle et narrative qui aurait pu en faire un chef-d'œuvre.
Le personnage de Roop, incarné par Alia Bhatt, est un gros point faible. Bien qu’Alia soit une excellente actrice, je trouve qu’elle n’a pas la présence nécessaire pour un rôle comme celui-ci. Ce type de personnage, à la fois passionné et tragique, aurait demandé une actrice avec une beauté incandescente et une aura comme Deepika Padukone ou Kriti Sanon, capables de porter ce genre de rôle avec une telle intensité. Alia, bien que talentueuse, manque un peu de cette force charismatique, ce qui rend sa performance moins convaincante dans un film aussi ambitieux.
Le plus gros problème du film reste probablement son scénario incohérent. Les personnages sont mal développés, leurs motivations sont souvent floues, et les relations entre eux manquent de profondeur. La romance entre Roop et Zafar (Varun Dhawan) semble forcée, et aucune des intrigues secondaires n’ajoute vraiment de valeur à l’ensemble. En plus, certaines scènes sont simplement inutiles, comme celle du taureau qui fait clairement écho à Baahubali, mais qui semble complètement hors de propos ici. Le film aurait gagné à être plus concis et à se concentrer sur l’essentiel.
Le film souffre également d’un traitement unilatéral de la Partition. On nous montre uniquement les hindous et sikhs comme les victimes des musulmans, sans jamais aborder l’inverse. Cette vision simpliste et manichéenne de l’Histoire ne rend pas hommage à la complexité de la situation, et donne une image réductrice des événements tragiques de la Partition. Il manque une vraie nuance, ce qui rend l’histoire trop biaisée et même problématique sur le plan idéologique.
En ce qui concerne les personnages musulmans, le film tombe dans un autre cliché : celui des tawaif et des danseuses. Ces rôles, déjà vus et revus dans le cinéma indien, sont ici utilisés de manière malavisée, renforçant une image stéréotypée et dévalorisante des femmes musulmanes. La scène avec Kriti Sanon qui danse pendant l’Aïd, entourée d’hommes religieux, m’a particulièrement dérangé, car elle manque de subtilité et semble totalement hors de propos dans ce contexte.
Le film est aussi trop long, avec des scènes inutiles qui ne font qu’allonger la durée sans ajouter de réelle valeur. Beaucoup de moments sont purement visuels, mais ne font pas avancer l’intrigue, ce qui rend le film pesant et difficile à suivre sur la longueur.
En résumé, Kalank est un film qui aurait pu être exceptionnel. Mais entre un scénario bancal, une vision biaisée de l’Histoire et des personnages mal exploités, il échoue à convaincre émotionnellement. Si le film brille par sa mise en scène et sa beauté visuelle, il manque de substance pour vraiment marquer les esprits.