Ric Roman Waugh derrière la caméra laissait un espoir sur la bonne qualité de « Kandahar », étant le géniteur d’excellentes séries B, à l’instar de « Shot Caller », film de prison très efficace, ou encore « Greenland » où il avait su intelligemment contourner le manque de budget afin de nous faire vivre une catastrophe planétaire (écrasement de comète sur la terre) au plus près des personnages.
« Kandahar » se révèle être – malheureusement – dans la continuité des derniers Gerard Bulter, une grande et passablement ennuyeuse déception. Quand je regarde un film avec Gerard, je m’attends à un shot d’action jouissive ou le héros est aussi caricatural qu’un héros dans une production américaine de ce type, c’est précisément pour ça que j’aime ces films/DTV, ça envoie tous les éléments propres à la bonne série B made in USA.
Sur les 2 heures que dure le film, je pense qu’il n’y a pas plus de 20 minutes d’action, tous le reste est parti dans la prétention et dans le salaire de Bulter. UNE putain d’heure entière de mise en place poussive et globalement inutile ! « Kandahar » est lourd, très prétentieux, faussement profond, quand « Air Force One » se prend pour « Danger immédiat », c’est verbeux et très chiant. Par ailleurs, le message politique sous-jacent est totalement hypocrite, on tente de nous dire que les guerres américaines du passé au Moyen-Orient étaient peut-être une erreur, alors que dans le film, le but de la CIA est de faire péter tout le programme nucléaire Iranien à coups d’explosifs. Les ennemis changent, mais fondamentalement, ça reste un peu la même chose…
Le peu d’action que le film nous offre est tout bonnement catastrophique, un hélico numérique et une traque nocturne désertique ennuyeuse, un final sans gloire (j’en attendais plus rien à ce moment-là.) Une série B qui se prend au sérieux, un ennui mortel pour le spectateur.