Après “La Chute du Président” en 2019, “Greenland” en 2021, Gérard Butler avec “Kandahar”, rempile pour la troisième fois sous la direction de Ric Roman Waugh. Notre “Léonidas forever” prête ses traits à Tom Harris, un agent de liaison de la C.I.A., au moment où celui-ci sabote une usine souterraine iranienne d’enrichissement d’Uranium. Par ce prologue qui fleure bon l’ingérence étasunienne à grande échelle, “Kandahar”, nous ouvre les portes d’un long-métrage qui se situe plus du côté du thriller psychologique que du film d’action guerrier, comme la bande-annonce le laissait pourtant supposer. Au grand dam des férus de gunfights et de castagnes, les débordements pyrotechniques et les coups de feu se montrent timides durant une excellente première partie, mettant en perspective tous les enjeux géopolitiques d’une région troublée. Par certains côtés, “Kandahar” rappelle “Syriana” de Stephen Gaghan. Après ce coup d’éclat médiatique, Tom quitte l’Iran pour l’Angleterre afin de rejoindre sa fille. Mais une ultime mission l’amène en Afghanistan accompagné de Mohammed “Mo” Doud (Navi Negahban), un ancien taliban repenti. Malheureusement, la couverture de Harris se voit compromise pour cause de fuites internes. Le résultat est sans appel. Traqués par les gardiens de la révolution iranienne et les Talibans en lien avec les services secrets pakistanais en la personne de Kahil Nazir (Ali Fazal), un agent nouvelle génération, les deux fugitifs doivent traverser une région désertique au-delà de la ville de Kandahar. Là-bas, une escouade de SAS britannique - déjà sur zone - les attend pour les exfiltrer. Dans sa deuxième partie, “Kandahar” se mue alors en une chasse à l’homme sans concession. Magnifié par une superbe photographie, enveloppé par la partition épique de David Buckley (“Greenland”) et traversé par des moments de pure tension, comme une course-poursuite dans un marché, l’attaque nocturne d’un hélicoptère iranien avec vue infra-rouge, ou encore un final explosif, “Kandahar” nous tient en haleine, sans jamais franchir le rubicon de la scène de trop. Mise à part l’agent Nazir à moto qui se croit en plein Paris-Dakar, on est loin du dernier “Fast and Furious”. Vous voulez allier l’action et la réflexion dans un même film. Les paysages désertiques vous apaisent. Le manichéisme exacerbé de certaines productions actuelles vous gonfle. Et si en plus, vous aimez quand Gégé Butler s'énerve comme dans le récent et sympathique “Mayday”, alors “Kandahar” devrait vous ravir.