La sortie de Katia date de janvier 1960, soit quelques mois après celle des Quatre cents coups et peu avant celle de A bout de souffle. La Nouvelle Vague est bien loin des préoccupations des "vieux" Charles Spaak, au scénario, et Robert Siodmak, à la réalisation, dont les meilleures œuvres commencent alors à dater. Il y a bien une romance dans Katia, mais rien à voir vraiment avec la série des Sissi, en dépit de la présence de Romy Schneider, qui danse avec le tsar, tout en laissant infuser quelques idées libérales. Le règne d'Alexandre II a été marqué par l'abolition du servage, mais le film a tracé un portrait un peu trop excessif des volontés réformatrices du souverain. Les inexactitudes historiques servent le propos très orienté et cela reste avant tout un divertissement de bonne facture, avec un excellent Curd Jürgens et des seconds rôles soignés : Bouquet, Brion, Dorziat, Blanchar, ... Aujourd'hui, un remake de Katia suivrait sans doute son héroïne jusqu'à son exil en France, d'où elle suivit, de loin, la révolution de 1917.