Bien qu'il s'agisse d'un seul et même film, les deux volets ont une seule et principale différence : le volume un contient peu de dialogues et beaucoup de sang, le deux, nettement plus bavard, permet un approfondissement considérable des personnages à peine esquissé dans le premier épisode.


Tarantino continue à puiser dans ses inspirations cinématographiques pour construire son récit. Toujours les films de samouraïs, une tendance plus marquée pour les westerns-spaghettis (musique et lenteur de la scène) et un clin d’œil au gore lorsque Uma Thurman sort de son cercueil.


Il ressuscite dans le même temps David Carradine et sa flûte, hommage à la série Kung-Fu qui l'a consacré. Toutes les clefs de cette fresque nous sont enfin livrées et nous avons affaire à une histoire d'amour épique, tragique, passionnée et violente où Tarantino comme dans True Romance qu'il a écrit fait preuve d'un romantisme exacerbé.


Il m'est arrivé de comprendre la tueuse Uma Thurman qui apprenant qu'elle était enceinte, a préféré fuir avec son enfant pour l'élever hors de cette violence. Il m'est arrivé de comprendre Bill, mais je ne l'excuse pas bien entendu, rendu doublement fou de douleur en apprenant que sa femme était peut-être décédée au cours de son dernier contrat et qu'il retrouve finalement lors de son mariage au bras d'un autre.


Une des dernières séquences du film est une scène de famille très émouvante où Bill, Béatrice Kiddo et sa fille se retrouvent. Par cette scène, on se surprend à rêver que ces règlements de compte vont enfin cesser et que ce petit monde va mener une vie normale mais hélas non. Ce que Béatrice a subi pendant 4 ans est, à ses yeux, impardonnable.


Tarantino a réussi à construire une véritable mythologie, passionnante, romantique, cruelle où s'entrecroisent une foule de personnages magistralement interprétés. Bourré d'humour tarantinien, Kill Bill est certainement le meilleur film de son auteur.

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le 23 sept. 2019

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