Hard Matter propose un univers dystopique ambitieux sur le papier, mais peine clairement à transformer ses nombreuses idées en un récit réellement cohérent et captivant. Le film se déroule dans une Amérique futuriste détruite après une troisième guerre mondiale ayant ravagé l’écosystème et fragmenté le continent en plusieurs quadrants contrôlés par des systèmes autoritaires et des criminels devenus les nouveaux représentants de la loi. L’idée centrale autour d’Onyx, ce nanovirus mortel obligeant les porteurs à assassiner des cibles pour recevoir un antidote, avait pourtant de quoi donner un thriller de science-fiction nerveux et oppressant. Le concept de manipulation biologique et de survie forcée est original et pouvait permettre de développer quelque chose de vraiment intense. Malheureusement, le film semble rapidement se perdre dans ses propres idées. Le scénario devient de plus en plus confus au fil du récit, multipliant les sous-intrigues, les dialogues explicatifs et les concepts parfois mal introduits. Résultat, il devient souvent difficile de comprendre les véritables enjeux ou même les motivations de certains personnages. On sent que le film veut créer un univers complexe et profond, mais il finit surtout par donner l’impression d’empiler des éléments sans réellement les maîtriser. Pourtant, visuellement, certaines scènes sont franchement réussies. Cette Amérique du futur sale, délabrée et complètement corrompue possède parfois une vraie identité visuelle, avec des décors crasseux et une ambiance de fin du monde assez marquante. Quelques plans arrivent même à créer une esthétique cyberpunk intéressante. En revanche, plusieurs ralentis paraissent très maladroits et cassent complètement le rythme, donnant parfois un côté involontairement ridicule à certaines scènes censées être stylées ou dramatiques. Le plus frustrant reste probablement le manque d’action malgré un concept qui semblait promettre un film beaucoup plus nerveux. Le récit passe énormément de temps dans des dialogues et des explications qui finissent par tourner à vide, sans jamais réellement offrir les scènes fortes attendues. Hard Matter donne finalement l’impression d’un énorme potentiel gâché : une bonne idée de départ noyée dans un scénario confus, trop bavard et incapable de trouver un vrai équilibre entre ambition philosophique et spectacle de science-fiction efficace.