Ah, ha ! "Undertone", un film qui donne parfois l’impression qu’une vieille maison hantée a décidé de faire un podcast sur l’ennui existentiel entre deux grésillements démoniaques. L’histoire suit une animatrice de podcast spécialisée dans le paranormal qui reçoit de mystérieux enregistrements audio liés à des décès d’enfants et à d’étranges phénomènes. Coincée dans la maison de sa mère dont elle s’occupe, elle voit peu à peu son quotidien basculer dans une spirale de doutes, de peurs et de supposées manifestations surnaturelles. Sur le papier, l’idée est séduisante : mélanger l’univers des podcasts d’horreur à un huis clos psychologique pouvait donner quelque chose de vraiment oppressant. Malheureusement, le résultat m’a surtout laissé avec l’impression d’écouter une émission dont l’animateur aurait oublié le sujet. La mise en scène est extrêmement sobre, parfois même trop. Certes, quelques séquences installent un malaise diffus grâce aux silences, aux sons inquiétants et à l’ambiance nocturne de la maison, mais le rythme finit par ressembler à une limace qui traverse un terrain de football sous la pluie. Les décors sombres fonctionnent plutôt bien et certaines pistes sonores parviennent à créer une tension discrète, mais le scénario accumule tellement de mystères sans réellement les structurer que j’ai fini par me demander si le film lui-même savait où il allait. Les événements paranormaux apparaissent, disparaissent, reviennent, puis repartent comme des touristes perdus cherchant la sortie d’un musée fermé. Les dialogues restent corrects sans être mémorables et les acteurs font ce qu’ils peuvent avec un matériau narratif qui manque souvent de clarté. J’ai pourtant apprécié quelques idées autour des enregistrements audio, qui constituent probablement l’élément le plus intéressant du film, car ils apportent une vraie étrangeté lorsque les voix surgissent au milieu du silence. Mais cela ne suffit pas à compenser une narration confuse et un manque de crédibilité qui affaiblit l’ensemble. Au final, je n’ai pas ressenti la peur promise, seulement une curieuse sensation de brouillard permanent. "Undertone" n’est pas totalement dépourvu d’atmosphère, mais pour moi il ressemble à un fantôme qui passe deux heures à préparer son entrée avant d’oublier pourquoi il était venu.