6 ou 7 ou 6 ou 7 ou 6.
Si vous allez voir quelques avis sur le film, vous verrez que tout le monde mentionnera les mêmes remarques : des parties bien distinctes, des genres bien différents, une fin bien WTF. Je confirme.
La réalisation est très intimiste et froide. Des jump cuts partout, des ellipses sous forme de noirs, un montage très haché de longs plans pour, au final, un rendu de documentaire. Un mix entre un Lars Von Trier (pour ses caméras à l'épaule et le côté docu) et un Nicolas Winding Refn (Valhallah Rising surtout, pour son esthétisme et sa lenteur). Mention spéciale au (petit mais beau) plan séquence de Gal qui va chercher Jay.
Les acteurs sont bons, l'accent biritish fait mouche. La bande son renforce l'ambiance oppressante qui ressort des images.
MAIS.
OUI, UN PEU DE CAPSLOCK DANS CETTE CRITIQUE UN PEU TROP SERIOUS BUSINESS.
Essayons sans spoiler. Ce revirement de situation dans le dernier quart d'heure fait basculer le film dans le WTF avec une touche de fantastique. Ça ne m'a pas dérangé, ça m'a même plu, mais je n'ai aucune idée de pourquoi j'ai aimé.
Par contre, le tout se boucle en deux minutes. Pourquoi avoir sacrifié la lenteur imposante pour un final aussi brusque ? Certains parleront d'effet pour amplifier l'intensité, moui.
Ce changement radical de direction me fait tout bizarre dans le dedans de moi. Je suis passé de surpris à enthousiaste puis à déçu. Une note de 7 puis 8 puis 6. Surpris parce que je ne pensais pas du tout que le film allait rentrer dans un délire comme ça, enthousiaste parce que bien amené au point où ça ne m'a pas plus choqué (dans ma tête, un "OH, J'AIME" a jailli), déçu parce que je suis resté sur ma faim. Partant sur la base d'un thriller plutôt réaliste, je m'attendais à savoir, à comprendre. La fin nous donne une soit-disant réponse, une révélation plutôt, en plus d'un twist sous forme d'un espèce de mindfuck à la limite du too much. Hum hum.
C'est là où ça pêche : la cohérence en prend un coup (de mon point de vue, en tout cas). La résolution d'un problème plausible par une solution... peu conventionnelle rend le tout ambigüe. Les questions amenées dans la première partie ne trouvent pas réponse (again, pour moi) : le fu.
La sale impression de vouloir choquer pour finir : le fu.
Certaines personnes auront compris, moi non. Ils diront que c'est ultra cohérent, que la fin est déjà présente dans le reste du film grâce à des indices tout le long.
Cela dit, ça reste un bon film, mon amour pour les anglais est intact.
J'adore les films mindfuck pourtant. Un deuxième visionnage, alors ?