Bon, allez, soyons clair, je n’ai mis trois à ce téléfilm que par son cadre un peu original, celui des bayous de Louisiane. Tous les clichés liés à cette région s’y enfilent, de la musique country-folk-blues aux plats de crustacés, des alligators qui font bien pâle figure à côté de notre bestiole. La promenade dans les marais est au-moins dépaysante car pour le reste, c’est le calme plat. Les effets spéciaux ne sont pas bien terribles, budget limité oblige comme souvent ; non seulement on s’ennuie ferme, mais les attaques furtives du squale se cantonnent à des plans d’une rapidité épileptique, pour ne pas voir la pauvreté des moyens. Un bout de nageoire par-ci, un aileron par-là. Et lorsqu’il daigne se montrer dans toute son « horreur », c’est pour mieux valoriser la raideur de ses mouvements et son faciès mal dégrossi de truc en plastique ! Quant au scénario, il lorgne sans originalité vers les « Dents de la mer » de Spielberg (comme souvent aussi…) avec la petite communauté victime des exactions du requin, les pouvoirs locaux qui jouent les autruches dans un plan bourbeux et les rebelles qui s’improvisent chasseurs de pacotilles. Le sheriff du bled (Robert Davi) est une ordure qui trempe dans le trafic d’animaux exotiques…On pourrait évoquer les incohérences en pagaille ou les raccourcis narratifs peu crédibles pour tenter de dynamiser l’ensemble. D’une intrigue sans intérêt à une interprétation laborieuse du casting, on regrette surtout l’absence du requin. Un téléfilm de série qui ne vaut que par son cadre et ça n’est pas suffisant.