Killers of the Flower Moon, encore un film fleuve signé Scorsese de plus de 3h.

Mais qu'est-ce que c'est bien.. Le film est tout en sobriété, reposant avant tout sur une reconstitution extrêmement solide, sourcée de cette période et la performance des acteurs tout en finesse. J'aurais cependant une petite réserve sur Di Caprio qui en fait peut être un poil trop par moment, avec sa mâchoire déformée par une prothèse pour avoir l'air d'avoir été fini à la pisse. C'est pour moi une légère caricature, presque cartoon du personnage, comme le nez de Chris Hemsworth dans Furiosa qui ne fonctionne qu'à moitié car les acteurs ne peuvent pas s'empêcher d'en faire des caisses avec, comme si leur performance dépendait de cet artifice.

Mais bref, le casting est vraiment bon, voir De Niro et DC dans le même plan, mais quel pieds surtout lorsqu'on voit le soin apporté à l'écriture de leurs personnages sordides.

Killers of the Flower Moon nous fait découvrir une nouvelle forme de racisme, insidieux, vicieux, basé sur la manipulation et l'infantilisation du peuple Osage. Le blanc est ici représenté comme un serpent, bon sous tout rapport mais en réalité obsédé par la richesse et le confort qui s'engraisse sur un peuple naïf, prêt à se mélanger avec les amérindiens et à tuer leurs propres enfants pour récupérer le fric....Juste ignoble.

Et au milieu de cet environnement extrêmement toxique, la fierté du peuple opprimé, parfaitement incarné par Lily Gladstone que Scorsese filmera toujours avec beaucoup de prestance et d'élégance, même si elle aussi sera la victime un peu naïve d'un mari toxique.

Remettons d'ailleurs les points sur les I, le personnage de Di Caprio est le personnage le plus affreux même si on lui donne une forme de rédemption finale qui passe avant tout par son côté bêta et l'amour semble-t-il sincère qu'il porte à sa femme et ses enfants. Le pauvre a été "manipulé" qu'on dit, alors oui un peu mais il lui en a pas fallu trop pour se laisser convaincre et pour le pousser à tuer l'une après l'autre les sœurs de son épouse, et tout cela sans jamais vraiment se mouiller et à droguer sa femme à son insu en étant parfaitement conscient que ce qui lui donnait lui ferait du mal (c'était pour la calmer)....Quelle ordure. Bien sûr De Niro n'est pas en reste, mais lui n'est pas marié à une Osage.

Le film va se suivre de manière chronologique, en suivant les différents meurtres qui vont se concentrer sur la famille de Mollie Kyle. C'est donc un peu classique comme manière de procéder, on revient en détail sur les dessous de chaque affaire avec un réel soin apporté à la reconstitution et à la chronologie mais on a l'impression que tout ce déploiement sert avant tout à faire durer le film. Il y a juste le meurtre d'Anna qui est traité un peu différemment à coup de flashback distillés sur 1h30 où l'on récupère les informations au compte-gouttes (sans doute car Anna était plus rebelle, moins soumises et plus intéressante à traiter)...De quoi renouveler un peu le rythme sans faire de miracle...On voit vraiment passer les 3h30 malgré qu'on ne s’ennuie pas et je ne me vois pas regarder ce film d'une traite, m'accordant au minimum une pause, voire deux. On pourra donc reprocher un manque de lyrisme ou de fougue à Scorsese mais difficile de trop styliser le massacre d'un peuple, même si je pense qu'il aurait été possible de faire mieux, notamment en terme de rythme et de forme narrative, en se focalisant peut être d'avantage sur la psyché des personnages que sur la classique reconstitution chronologique des événements, mettre plus en avant Molly et son peuple aussi car avec Scorsese, c'est trop souvent une histoire d'hommes corrompus qui manigancent et se font des coups bas. A la différence qu'ici c'est tout un peuple qui trinque...

uther
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le 29 avr. 2026

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