Une bande de tueurs à gages entreprend de documenter sa mission afin de prouver au monde entier qu’elle sera responsable de la chute de Gunther, une véritable légende du crime, réputé intouchable. Mais leur cible a toujours un coup d’avance : averti du complot, Gunther (Schwarzenegger donc) retourne la situation avec un sadisme jubilatoire et entraîne ses poursuivants dans un jeu mortel où chacun tente désormais de sauver sa peau.
Malgré son statut assumé de série B sans grandes ambitions, «Killing Gunther» réussit exactement ce qu’il entreprend : divertir avec générosité. Portée par un rythme plutôt soutenu et une bonne humeur communicative, cette petite production mélange fusillades, poursuites explosives (en CGI ignobles) et humour absurde avec une efficacité franchement réjouissante. Le scénario ne cherche jamais à révolutionner le genre, mais il compense largement par son énergie constante et son sens du spectacle décomplexé.
L’une des grandes forces du film réside dans sa capacité à ne jamais se prendre trop au sérieux. Les dialogues regorgent de répliques amusantes, les personnages secondaires sont volontairement caricaturaux, et certaines scènes d’action flirtent même avec le cartoon sans jamais basculer dans le ridicule total. Ce ton léger permet au long-métrage de conserver un vrai capital sympathie du début à la fin.
Côté casting, les acteurs semblent parfaitement conscients du type de production dans lequel ils évoluent et jouent le jeu avec un enthousiasme communicatif. Taran Killam - le «héros» dans le film, réalisateur et visage emblématique du Saturday Night Live - cabotine juste ce qu’il faut, tandis que les antagonistes multiplient les excès savoureux. Résultat : même les séquences les plus improbables finissent par fonctionner grâce à cette autodérision permanente. Arnold Schwarzenegger se tourne lui-même dérision, même si son apparition reste concentrée sur la dernière partie du film, il s’y investit pleinement de façon communicative.
Visuellement, le film tire intelligemment parti de ses moyens limités. La mise en scène (caméra à l’épaule, on est dans un documentaire) privilégie l’efficacité à la sophistication, mais certaines idées de narration apportent un vrai dynamisme aux affrontements. On sent surtout une sincère envie d’offrir au spectateur un moment de pur divertissement, sans cynisme ni prétention.
Au final, cette petite série B d’action et d’humour rappelle ces productions des années 80 et 90 qui misaient avant tout sur le fun, l’inventivité et l’excès. Un faux documentaire imparfait, certes, mais attachant, à l’humour déjanté et suffisamment généreux pour faire passer un excellent moment aux amateurs du genre.