À Manille, même les innocents finissent par se salir les mains.

Kinatay se présente comme une plongée ultra réaliste dans la banalité du mal mais finit surtout par devenir une expérience éprouvante et frustrante, en suivant Peping, un jeune homme ordinaire qui bascule peu à peu dans une nuit de violence après avoir accepté un travail douteux, le film adoptant une approche quasi documentaire pour montrer sans filtre la dérive morale de son personnage, avec une mise en scène signée Brillante Mendoza qui privilégie les longs plans, l’obscurité et une immersion sensorielle brute, créant une atmosphère étouffante et oppressante mais aussi extrêmement lente, presque hypnotique, ce qui peut rapidement perdre une partie du public, le scénario étant volontairement minimaliste, voire inexistant dans sa progression classique, préférant observer plutôt que raconter, ce qui renforce le réalisme mais nuit fortement à l’engagement émotionnel, les dialogues sont rares et souvent anecdotiques, laissant place à des silences pesants qui accentuent le malaise, le jeu des acteurs se veut naturel, presque improvisé, ce qui apporte une certaine authenticité mais sans jamais réellement créer d’attachement aux personnages, la musique est quasiment absente, laissant le design sonore brut porter l’expérience, avec des bruits du quotidien qui participent à cette sensation de réalité crue, tandis que les visuels, sombres et parfois difficiles à lire, renforcent cette immersion mais peuvent aussi devenir un obstacle à la compréhension et au confort de visionnage, le ressenti est alors particulièrement inconfortable, oscillant entre fascination pour cette volonté de réalisme radical et rejet face à la lenteur et à la dureté des scènes, le film cherchant clairement à provoquer plutôt qu’à divertir, mais sans toujours réussir à donner un sens ou une profondeur suffisante à ce qu’il montre, au final, c’est une œuvre très exigeante et clivante, qui parlera à ceux qui apprécient le cinéma d’auteur brut et sans concession, mais qui risque de rebuter fortement par son rythme, son absence de narration traditionnelle et son expérience volontairement dérangeante.

El_Tigro_Blanco
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le 29 mai 2026

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El_Tigro_Blanco

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