Avec Kinds of Kindness, Yórgos Lánthimos poursuit son exploration des dynamiques absurdes et glaçantes dans une fresque en trois volets qui se veut conceptuelle, mais qui peine à prendre vie.
D’un point de vue formel, le film est irréprochable. Chaque plan est soigneusement composé, les décors sont d’une précision presque clinique, et on retrouve cette patte austère propre au réalisateur, déjà bien rodée depuis The Lobster ou Mise à Mort du Cerf Sacré. Le vrai tour de force, ici, réside dans le jeu des acteurs : Jesse Plemons, trop rarement aussi mis en avant, démontre une palette impressionnante et s’impose comme l’un des grands oubliés d’Hollywood. À ses côtés, Emma Stone et Willem Dafoe confirment leur palette, même dans les situations les plus absurdes. Le reste du casting, plus discret, contribue efficacement à cette atmosphère étrange et figée.
Mais une fois passée l’excitation initiale de chaque segment, la vacuité du propos s’impose. L’absurdité attire d’abord, puis lasse, car rien ne semble vouloir aboutir : ni tension, ni enjeu, ni vraie direction narrative. Chaque histoire, bien que prometteuse, se désintègre dans une forme d’autosatisfaction esthétique. À force de refuser toute résolution, Lanthimos semble surtout incapable de conclure ses propres idées.
Un film frustrant, qui débute fort mais s’enlise dans une boucle stérile. J’en ressors avec un sentiment d’ennui profond, comme enfermé dans une démonstration brillante mais vaine.