À l'aboutissement de Tree of Life et To the Wonder.
Finalité du néant.
Avec Knight of Cups, Malick pousse les curseurs de l'esthétique entamée dans ses deux précédents métrages. Le film retrouve à certains moments les shèmes évoqués dans ces deux œuvres mais ce concentre sur le personnage principal.
Conflit émotionnel d'un homme perdu qui ne se trouve plus, Knight of Cups met en scène une ville fantôme et met en abime les corps californiens esthétisés et vidées de leurs âmes. Aléatoires et interchangeables, les personnages secondaires du système qui entourent Rick n'ont plus d'effet sur lui. Reste une interaction familiale difficile avec le père et le fère et une fuite vers la mère nature pour une possible renaissance salutaire.
Un homme, roi et chevalier en un temps révolu, prend du recul sur sa vie, sur le système auquel il participe.
Un film où Malick explore ses propres codes (effets sonores diégétiques épurés, musique classique, sons de la nature, voix-off, ….) afin de s'éloigner au mieux de ceux d'Hollywood, une terre en décrépitude qu'il met en scène de manière à ce que le spectateur croit toujours être arrivé trop tard, après l'action... dans l'optique où ce lieu aurait encore quelque chose à offrir.
Là où chaque plan est un tableau, là où chaque effet technique et de montage est un choix pertinant, là où chaque ligne d'un texte écrit sur ce film devrait devenir un paragraphe. Malick, merci, tu parachèves ta trilogie à la merveille.