J'avais vu Le Nouveau Monde de Terrence Malick, je savais sa prédilection pour le contemplatif, mais je n'étais pas prêt pour ça. C'est le prototype du film d'auteur qui veut aller jusqu'au bout de son style (En essayant de prendre soin de ne pas tomber dans la caricature, même si c'est pas toujours réussi). J'apprécie énormément la démarche de mise en scène et surtout de montage, avec une façon inédite de raconter une histoire; très elliptique et lacunaire, on colle des plans sans véritable raccord, on ne synchronise pas les dialogues avec l'image, on film des détails, des plans larges, des plans anodins, d'autres symboliques on capte des images puissantes, belles. L'histoire en elle même n'est ni passionnante, ni importante, c'est surtout le cheminement du personnage qui semble primer.
Tout cela est bien. Mais je me suis ennuyé. Je me suis même endormi, pour la première fois depuis longtemps, au cinéma, pendant près de 10 minutes. L'abstraction ambiante extrêmement dense du film et la lourdeur d'une telle démarche artistique rend l'experience difficile à appréhender, je suis ressorti du cinéma circonspect, je ne savais pas vraiment quoi dire du film, sinon que c'était beau visuellement et que j'avais été légèrement transcendé.
Aussi, je n'ai pas vraiment compris le message de Malick sur les femmes. Rick enchaine pendant près de deux heures les conquêtes, en l'occurrence des canons de beauté, pour les oublier soudainement, comme des repères temporels dans une aventure et, par extension, comme de véritables objets.