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Les aliens ne se crashent pas seulement aux USA et, suite à un sérieux problème de GPS intergalactique, le petit Kokey fait un atterrissage forcé dans la campagne des Philippines. Kokey, sorti en 1994, est un film réalisé par Romy V. Suzara, un film très fortement inspiré, pour ne pas dire plus, par le E.T. de Steven Spielberg. Bien moins ringard et donc moins hilarant que son homologue turc Homoti, Kokey est un film d’une confondante naïveté à ranger dans la galaxie des ersatz d’E.T., pas bien loin de Mac et moi ou Nukie et Miko.
Dans la campagne philippines, deux enfants dévoués à aider leurs parents en difficulté découvrent un étrange extraterrestre tombé du ciel qui devient leur ami. Attirés par une grosse récompense offerte par le gouvernement pour la capture de l’alien, des bandits se mettent en chasse de la créature.
Alors certes, le film copie ouvertement l’immense succès de Spielberg, mais les cinq scénaristes crédités au générique auront tout de même suffisamment enrobé cette histoire pour que Kokey trouve sa propre singularité. Kokey est tout à la fois un film familial, une fantaisie de science-fiction, une comédie un peu lourde avec en plus un petit fond de drame social et de gros relents mélodramatiques. Je m’attendais clairement à un bon gros nanar pour me marrer grassement et j’ai trouvé au final un film presque attachant dans sa candeur enfantine. Tout ceci n’empêche pas non plus d’être souvent très amusé, voire plus, par l'aspect bien cheapos, kitsch et délicieusement ringard de certaines scènes. Déjà, globalement, le film est correctement interprété : les deux gamins Bong et Anna (la choupinette Ani Pearl Alonzo) ne sont jamais agaçants, leurs parents restent crédibles et les méchants, dans des figures ouvertement caricaturales de cartoon, sont plutôt rigolos. Quant à Kokey, il est interprété par la comédienne naine Mahal, chargée de prothèses, de maquillage et d’un bon gros masque en latex. Difficile de décrire Kokey, petit bonhomme chauve avec une tête de raisin sec, un gros nez aplati sans narines et de grands yeux larmoyants qui s’exprime en faisant des gargarismes : on dirait un peu Booder en phase terminal dont on aurait écrasé le visage contre une vitre. En tout cas, on peut avoir une tête de crotte de nez et être doué d’une profonde hypersensibilité, Kokey passant une bonne partie du film à chialer des torrents de larmes. Le petit bonhomme est tout de même doué de pouvoirs qu’il utilise au gré des besoins d’un scénario un peu poreux aux entournures, c’est-à-dire essentiellement pour corriger les vilains et soigner les gentils, comme quand Anna est victime d’un accident de boîte à roulettes digne d’une cascade de Fast and Furious à moins que ce ne soit un hommage à Mac et Moi et sa cascade en fauteuil roulant.
Le film possède un petit fond social à la sauce des Philippines puisque, comme le père se retrouve au chômage et que la mère peine à vendre ses tapis, ils acceptent joyeusement que leurs deux gosses travaillent toute la semaine et le week-end pour payer leur future rentrée scolaire (C’est beau l’amour parental). Kokey est un film qui a la naïveté d’appuyer un peu trop tous ses effets, les comiques comme les plus dramatiques ; on passe donc parfois de séquences un peu pouet-pouet à de grands élans mélodramatiques larmoyants et sirupeux qui collent aux doigts. Parfois, ça part même carrément en vrille pour mon plus grand bonheur, comme quand en milieu de film on assiste à une sorte de mini-clip vidéo autour d’une chanson enfantine à la gloire de l'amitié, avec les deux gosses qui font joyeusement la chenille avec Kokey avant de faire du toboggan sur un arc-en-ciel (on s’attend presque à croiser un Télétubbies). Les effets spéciaux sont un peu cheapos mais pas vraiment honteux, un peu bricolés comme lorsque Kokey tente de construire une antenne satellite avec un parapluie et des couvercles de casseroles pour contacter ses parents (Kokey téléphone maison). J'imagine que Kokey possède une certaine notoriété aux Philippines puisque le film deviendra par la suite en série TV de 125 épisodes entre 2007 et 2010.
Bon, Kokey n’est pas aussi drôle et mauvais que je l’espérais, mais il offre tout de même quelques moments bien croquignolets et assez drôles. Même si c’est super naïf et un peu kitchouille sur les bords, le film n’est jamais ennuyeux et permet de passer un bon moment, pour peu que l’on ait encore un tout petit peu d’enfance au fond de soi.
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Créée
le 6 sept. 2026
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