Signait Steven Spielberg. Et je ne saurais lui donner tort.
Étant à moitié Polonais, mon grand-père ayant été jeté dans un train en direction d'Auschwitz, dont il réussira à s'échapper par une chance miraculeuse, je pensais avoir tout vu, lu et entendu en la matière. Mais ce film a malgré cela réussi à me surprendre de la plus belle manière.
Nul voyeurisme de l'Atrocité ici, tout se passe dans la subtilité, la retenue, la sobriété. Wajda réussit avec quelques phrases finement écrites à nous faire ressentir l'incroyable humanité que ce personnage surnommé Janusz Korczak dégageait, à nous faire comprendre les enjeux des situations en montrant le moins possible, et ne tombe pas une seconde dans le pathos facile.
Tous les acteurs sont d'une justesse rigoureuse, du plus jeune bambin à l'adulte le plus avancé, la palme revenant bien sûr à Wojciech Pszoniak, tout à fait impeccable et charismatique de bout en bout.
Wajda montre encore avec ce film qu'il était un très grand réalisateur. Ode à ce que l'humain a de meilleur en lui durant la pire période de son Histoire. Quel courage ! Quel homme ! Quel film !
Si Henryk Goldszmit, dit Korczak, n'avait nulle dignité pour sauver ses enfants, il fut l'homme le plus digne qui soit devant la mort, un homme inestimable. L'espoir demeure permis grâce à lui.