Quand j’ai découvert la bande-annonce de Kraken, j’étais plutôt intrigué. Avec ses airs de blockbuster plus intime, j’avais un peu d’espoir.
Je n’avais quasiment aucune référence en matière de cinéma norvégien, donc c’était plutôt sympathique d’en découvrir un peu. Et ce fut un désastre.
Les premières minutes sont sympathiques. On sent une tentative de parler d’un mythe et d’installer une ambiance inquiétante, sauf que cela s’arrête là.
J’ai mal à le dire, mais c’est le genre de film qui gagnerait à prendre exemple sur un Michael Bay. Le Kraken n’est jamais terrifiant, et son gigantisme n’est jamais retranscrit à l’écran. Scène après scène, on comprend l’intention de construire un monstre, un personnage à part entière, mais le réalisateur fait visiblement n’importe quoi avec sa caméra. Les jeux d’échelle sont inexistants, si bien qu’on a surtout l’impression de voir un gros poisson (c’est d’ailleurs évoqué dans le film, comme si le réalisateur admettait lui-même son échec). D’autant plus qu’à plusieurs reprises, on voit le monstre faufiler l’une de ses tentacules dans des espaces toujours plus étroits, comme si les contraintes physiques les plus élémentaires n’étaient même pas prises en considération.
Le format aurait même pu permettre de grands plans sur le monstre, mais c'est un échec aussi. Tout semble raté, malgré la sensation que le réalisateur ait tenté quelques trucs.
On pourrait au moins se rabattre sur son aspect horrifique, mais il n’en est rien. Mis à part une ou deux bonnes idées en début de film, les mises en scène suivantes se recyclent sans cesse. Le film est cousu de fil blanc, au point qu’aucune mort — pourtant peu nombreuses — ne surprend.
Qu’importe : la construction des personnages et de leurs relations est tellement artificielle qu’on se moque totalement de leur destin. Et pourtant, des intrigues entières sont développées autour d’eux, comme si cela allait changer quoi que ce soit à notre implication émotionnelle, alors que ces mêmes histoires n’ont parfois finalement aucun intérêt. On en vient à se demander qui a écrit ça.
Mention spéciale au geste héroïque final de la protagoniste, qui n’a strictement aucun impact sur le spectateur puisque le personnage est parfaitement interchangeable avec les autres.
Le tout est porté par une bande originale aux accents épiques et dramatiques (particulièrement lorsque le personnage le plus inutile du film nous quitte), au point que j’en suis venu à me demander si je venais de voir un nanar… ou simplement un navet.
À choisir, j'ai presque envie de revoir la version de Pirates des Caraïbes, qui savait introduire un monstre.