Un film particulier assez complexe à appréhender. J'ai passé mon temps à me demander s'il y avait un contexte politique particulier à saisir pour comprendre les contours de ce personnage antipathique qu'est l'homme en fauteuil roulant... de même que le non-dit autour de la relation qu'il entretient avec l'infirmier démissionnaire est assez frustrant, compliqué de se faire un avis sur les hypothèses qu'invite à faire le visionnage.
Une seule chose est acquise, c'est ce portrait de femme glauque et marginal que met en scène Barbara Sass dans Krzyk. A savoir celui d'une jeune femme accroc de la machouille qui se débat contre une vie toxique; un rôle assez dingue que relève haut la main Dorota Stalińska.
L'actrice se démène comme jamais pour donner du crédit à son personnage, et c'est réussi : qu'elle provoque l'empathie ou l'agacement, sa performance inspire un profond respect. D'où mon embarras parce que je trouve qu'elle n'est pas récompensée à sa juste valeur par un final vaporeux qui se débarrasse précipitamment de toutes les pistes narratives esquissées au détriment de la cohérence. Difficile par exemple de comprendre totalement l'issue de sa romance avec Marek ainsi que ce qui se passe réellement dans la maison de retraite.
Sans doute ne faut-il pas chercher à tout saisir, mais j'avoue que c'est compliqué pour mon esprit un trop cartésien quand il faudrait qu'il lâche prise. J'apprécie généralement que ce que j'ai subi pendant une heure et demi finisse par faire sens... parce que, soyons honnête, un film comme Krzyk n'est pas spécialement récréatif.
Le visionnage est même plutôt éprouvant, fait de cris, de personnages en perdition, de scènes poisseuses, d'une misère qui ne fait pas dans la dentelle.
J'en conviens, c'est sans doute réaliste de faire une fin taillée dans la même étoffe, sans réelle résolution, c'est juste un peu difficile à encaisser sur le moment. Avec le recul je suis certain que je me souviendrai du film avec beaucoup de sympathie, mais là, tout de suite, c'est un peu plus compliqué.