Wing-Chun est le film typique qui passera sous le radar et sera snobé par beaucoup. Pourquoi ? Parce que c'est une oeuvre hybride, qui commence comme une comédie, voire presque comme un film pour enfant, en nous montrant le quotidien d'une charmante famille et de leur jeune fille impétueuse.
Parce que le budget était clairement limité et que certaines séquences ressemblent presque à du bricolage. Parce que les acteurs ne cherchent pas la complexité ou à faire la performance du siècle en se torturant comme jamais.
Parce que le film n'est pas autant orienté sur l'action que ceux avec Jackie Chan dans les années 70...
Et pourtant, ce film parvient à faire ce que je tiens en très haute estime dans le cinéma et dans l'art de manière plus générale, et c'est de présenter un élan innocent, spontané et qui restitue par là-même la vie d'une telle façon que d'autres films très réfléchis et documentés ont parfois du mal à le faire. Un élan qui passe par le rire et par les larmes.
En bref, ce film respire la fraicheur, il a une héroine adorable, une belle histoire d'amour et une personnalité bien propre.
Bien entendu, il parle aussi de l'application et du dévouement intégral à la pratique d'un art martial : le wing-chun. Ce qui nous permet d'assister à plusieurs scènes de combats très dynamiques et admirablement chorégraphiées, et toujours pour mieux servir le scénario et l'évolution de son personnage.
Je ne prétends pas que c'est un chef-d'oeuvre mais c'est le genre de films qui me fait du bien : bien rythmé, plaisant, sans fausse profondeur et dans lequel les acteurs semblent s'y sentir comme des poissons dans l'eau et qui rappellent qu'on peut faire de la qualité sans des milliards avec une histoire humaine et une esthétique cohérente avec son univers de bout en bout.