Je me suis laissée happer un peu par hasard par ce documentaire. On remarque rapidement que le récit va beaucoup jouer sur l’émotion et le sensationnalisme. L’affaire reste particulièrement frustrante, car on n’aura probablement jamais le véritable mot de la fin.
C’est surtout tragique de voir à quel point des vies peuvent basculer en une fraction de seconde. L’un des jeunes avait l’âge de ma sœur et un autre était encore plus jeune. Personne ne devrait perdre la vie aussi tôt.
Je dois reconnaître que l’attitude de Mackenzie Shirilla est profondément perturbante. Je ne suis ni juge ni profileuse, mais dans plusieurs de ses interventions, elle dégage une forme de froideur dérangeante. On a parfois l’impression qu’elle force certaines émotions. On peut entrevoir à plusieurs reprises un petit sourire narquois qu'elle tente de dissimuler, ce qui rend le documentaire encore plus troublant. Sa présence sur les réseaux sociaux peu après l’accident très joyeuse renforce aussi ce malaise et a largement participé à détériorer son image publique.
Malgré cela, je ne pense pas que cette affaire méritait un documentaire aussi long. Le sujet aurait probablement pu tenir dans un podcast ou un format plus court. Le montage devient parfois pesant à force de vouloir dramatiser chaque scène. Les interventions d’influenceurs ou de commentateurs extérieurs n’apportent d’ailleurs pas grand-chose et donnent surtout l’impression de surfer sur la médiatisation du drame.
L’affaire reste fascinante et dérangeante, mais le documentaire tire beaucoup trop en longueur pour maintenir artificiellement le suspense. Comme souvent avec les productions true crime de Netflix, la musique, le montage et la mise en scène cherchent davantage à manipuler les émotions qu’à apporter une réelle nuance.
Le documentaire pousse clairement le spectateur vers une conclusion précise sans toujours laisser assez de place au doute ou à la contradiction. C’est ce qui le rend frustrant : au lieu d’explorer toute la complexité de l’affaire, il préfère souvent créer du choc émotionnel.
Cela relance encore une fois le débat autour de l’éthique des documentaires criminels et de la manière dont Netflix transforme parfois des drames réels en divertissement. La plateforme est devenue spécialiste de ce type de récits très addictifs, mais souvent construits autour du sensationnalisme plus que d’une véritable réflexion de fond.