Manifestement Dupieux est dans sa période vieux con qu'il a entamé avec Le Deuxième acte. Il s'attaque ici à l'effet délétère des réseaux sociaux sur notre société et les rapports humains à travers un personnage d'influenceuse. Ce personnage de Magaloche est d'ailleurs assez bien interprété par Adèle Exarchopoulos même si au fil du film sa bêtise méchante devient lourde. Le reste du film se vautre dans un propos binaire et enfonce des portes grandes ouvertes. Tout est déjà vu, prévisible et navrant de premier degré et de superficialité. Bien que le début soit intrigant, je suis rapidement tombé dans l'ennui. En soi l'intention misanthrope n'est pas inintéressante mais le manque de nuance, de profondeur et de recul empêche le film d'apporter une once de nouveauté à un sujet très contemporain. Le pire est quand il nous montre la partie cachée de Magaloche, elle sait jouer du piano et reconnaît un mauvais accordage. C'est vraiment le premier degré du développement de personnage: elle est très méchante et bête mais elle a un côté sensible que la société mercantile ne lui permet pas d'exprimer ou de valoriser.
Magaloche dit que les artistes sont des gens qui ne font pas d'effort, ce film en est une illustration criante. C'est bien de faire des films tous les six mois mais c'est mieux quand on réfléchit un peu à ce qu'on fait.