Après le superbe 'Je suis toujours là', voici en 2025 un autre film brésilien, également très réussi, qui nous plonge dans le Brésil des années 70. Nous avons la confirmation de l'ignoble régime qui régnait alors là-bas où armée, police et groupes industriels et financiers étaient liés pour tenir et exploiter le pays.
Il y a du suspense, de l'ironie, de l'humour noir, un peu d'absurde. On y croise des requins, en vrai et au cinéma, on y aperçoit 'Shining' sur grand écran, et même Belmondo à la télé qui donne d'ailleurs peut-être le titre du film.
C'est une course contre la montre. Fuir ou mourir.
C'était le cas dans beaucoup de pays d'Amérique du sud. Une partie de l'histoire se déroule en 1977. Il y avait aussi des régimes autoritaires au Chili, en Argentine, en Bolivie, au Pérou et en Équateur. Nous n'étions que peu au fait de ces évènements en France car tout cela existait avec la bénédiction des États-Unis, des pays occidentaux et d'une partie des intellectuels d'Europe qui n'avaient de jugement définitif que pour les pays du bloc de l'est. Il fallait choisir son camp, la dictature semblait alors pour certains supportable sous le soleil. Relire les écrits et revoir les interviews de plusieurs de nos philosophes sur le sujet peut être un exercice assez cruel (cf le soutien de Raymond Aron au coup d'état de Pinochet).
Pour en revenir au film, les 2h40 passent sans problème. Le suspense est haletant, et malgré la brutalité du système en œuvre à l'époque on voit à travers de nombreux personnages une humanité qui persiste, qui résiste, qui est le futur d'un Brésil moins étouffant.
L'acteur principal est effectivement remarquable, la bande son est efficace, la mise en scène et le scénario très intelligent.